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HAÏTI EN CRISE - par webMaster le 26/01/2020 @ 11:58

 
 
 
 
SITUATION EN HAÏTI 
 
         Depuis quelques années, non seulement le pays ne s’est pas encore relevé des dégâts causés par le terrible tsunami, mais la situation sociale et économique s’est terriblement dégradée. L’inflation est galopante alors que les salaires restent stables, la minorité la plus riche de la population continue à s’enrichir au détriment des 90 % de la population.
       Les conséquences de cette situation sont terribles, car si l’opposition démocratique est de plus en pus forte et a obtenu plusieurs promesses à force de dialogue, elle est de plus en plus déstabilisée, car aucune de ces promesses n’ont été tenues. Personne ne croit plus au dialogue avec le Pouvoir. Tous veulent le départ du président, mais non seulement il tient bon, mais la communauté internationale ne réagit pas et les USA semblent plutôt le soutenir, du moins jusqu’à présent.
   
  Le résultat est que le mécontentement de la population est à son comble et certains groupes ont de plus en plus recours à la violence pour s’exprimer. On a vu comment en France, certains groupes de casseurs ont profité des manifestations des gilets jaunes pour s’adonner à des gestes violents.
 
     Ici, ce sont aussi des groupes de bandits qui s’organisent pour piller, voler, saccager rendant la vie difficile dans les grandes villes. D’autres se mobilisent pour essayer de bloquer l’économie, ce qui n’arrange rien.
 
     Le groupe cicm doit se réunir bientôt pour analyser la situation, et en tirer des conclusions. Les premières recommandations seront évidemment un appel à la prudence, surtout dans la capitale où les banques sont surveillées de près par des bandits qui ont des connivences avec des employés !
 
 
 
 
 
 
 

 

Originaire de Jambes (Namur), Max était parti pour la Chine après son ordination en 1947. Plus d'une fois il nous as raconté l'effroi qui les avait pris lors de l'atterrissage de leur avion, car il s'était crashé. Très vite cependant, la destination fut changée du fait de l'arrivée de Mao au pouvoir et de la persécution contre tout ce qui est étranger, en commençant par la religion. C'est au Japon qu'il vivra toute sa vie missionnaire et que probablement influencé par les conclusions de Vatican II, il prendra, comme d'autres CICM, la nationalité japonaise sous le nom de Kokage Minorou.

Après une quinzaine d'années, il est rappelé en Belgique afin d'assurer la mission de "socius" (n° 2 après le Maître des novices). En 1959 il devient responsable de la formation des novices à Jambes, mission qu'il assurera pendant plus de 10 ans.

De retour dans "son pays", il assure des tâches pastorales diverses avant de rejoindre la maison de repos de Nibuno où il décède ce 15 décembre 2020

 

 

 

 

 

 


 
 
 
 
DES MISSIONNAIRES SCHEUTISTES CHINOIS EN CHINE CONTINENTALE
 
    Hé oui, depuis plusieurs années déjà, quelques confrères Scheutistes Chinois sont à l’œuvre en Chine continentale. Ainsi, James Li (46 ans) œuvre dans la paroisse Jingbian, située entre les provinces de Shaanxi et de Mongolie Intérieure, dans le nord-ouest de la Chine Continentale. C’est une région dans laquelle les Scheutistes avaient été à l’œuvre il y a 150 ans, et jusqu’à présent, la population garde un très bon souvenir des missionnaires belges.
   
Mais leur nationalité chinoise ne les met pas à l’abri de tracasseries de l’administration. Ainsi, le petit orphelinat qui avait été créé par notre confrère a dû fermer ses portes avec comme motif qu’il y avait une chapelle dans le bâtiment. C’est ainsi que l’administration soupçonnait que cette institution avait pour but de laver le cerveau des enfants pour qu’ils deviennent catholiques !
 
Un autre confrère Chinois, Joseph Jin, 49 ans, est lui aussi a Jingbian, ou il s’occupe de la paroisse et de l’école gardienne. 
 
Un troisième confrère Chinois, Anthony Chen, 48 ans, est actuellement aux études à Taiwan.
 
Il y a aussi trois jeunes confrères Chinois qui sont en stage à Hong Kong, où ils apprennent le dialecte local, le Cantonais, et se préparent à leur future mission. L’un d’eux, Francis Zhao, 34 ans, est en train de terminer sa formation et il sera ordonné prêtre à Jingbian le 1er janvier 2020 par un évêque chinois évidemment.
 
Il faut préciser que si nos confrères sont très appréciés des chrétiens dans le pays, il n’en va pas de même en ce qui concerne l’administration et le Gouvernement. C’est ainsi que notre confrère Jeroom Heyndrickx qui se rend très souvent en Chine et travaille au rapprochement entre la Chine et Rome vient d’apprendre qu’il était désormais persona non grata dans le pays : sa demande de visa a été refusée. Espérons que cela s’arrangera avec le temps.
 
 
 
 
 

 
 
 
RENCONTRE DES FAMILLES À LA TOUSSAINT : samedi 9 novembre
 
      Chaque samedi suivant le 1er novembre, les familles des confrères décédés se retrouvent pour une Eucharistie, une visite aux cimetières, une tasse de café et un sandwich.
 
      Cette année, comme le samedi 2 novembre l’église sera occupée par la paroisse, nous nous retrouverons le samedi suivant 9 novembre pour l’Eucharistie à 10h30.
 
Si vous pensez venir, ce serait bien de le signaler au P. Adrien adrienrion2009@hotmail.com ou 04/667 81 24. Chapelle ND de Beauraing, 170 chaussée de Marche.
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
Notre confrère Godefroid Mombula Alekiabo vient d’être élu membre du Comité Directeur de Pax Christi International (PCI). 
 
Extraits de son interview dans DIA (revue de la Conférence Episcopale du Congo) août 2019: 
 
Il s’agit des 3 pays des Grands Lacs mais aussi de 38 organisations africaines membres de Pax Christi réparties sur 14 pays Africains (Kenya, Ouganda, Ethiopie, Soudan du Sud, Rwanda, Burundi, RDC, Zimbabwe, Afrique du Sud, Togo, Cameroun, Mali, Liberia, Tchad).
 (…)
Le réseau mondial des organisations membres de Pax Christi est fondé sur la conviction que la paix est possible et que des cycles vicieux de violence et d’injustice peuvent être brisés. Pax Christi International lutte contre les causes fondamentales et les conséquences désastreuses des conflits violents et de la guerre.
 
DIA : Vous faites votre entrée au Comité directeur de cette organisation catholique au moment où la paix est fortement fragilisée en Afrique en général et dans la région des Grands lacs en particulier, quelles seront vos priorités ?
 
Godefroid : L’Afrique en général et la région des Grands lacs en particulier, se caractérisent actuellement par une démocratie en déclin, une détérioration de l’espace civique et une instabilité croissante dans un contexte de gouvernance autoritaire et agressive ainsi que l’instrumentalisation de la jeunesse à la violence. Des conflits persistent et ont des effets profonds sur la sécurité des communautés locales et la stabilité des pays. Cela crée un cycle de guerres et de violence, et l’espace civique et public est beaucoup restreint.
 
Face à cette situation instable et préoccupante, le réseau Pax Christi des Grands lacs a adopté une approche régionale au lieu de se focaliser sur un seul pays. Ainsi PCI a initié le programme triennal axé sur la jeunesse (Renforcement des nouvelles générations à la NVA - Action non Violente - et à l’entrepreneuriat). Ce programme vise à former les jeunes à la non-violence active, à la culture de la paix et aider les jeunes défavorisés à s’engager dans l’entrepreneuriat, c’est-à-dire, créer des opportunités d’emploi, des activités génératrices de revenus.
 
DIA : Un message particulier à cette jeunesse africaine dont la majorité est dans le chômage et certains exploités par des groupes rebelles.
Godefroid : Les jeunes sont les acteurs clés du changement dans la société. Eduquer et former la jeunesse à la NVA et à la culture de la paix est un outil puissant pour prévenir les conflits et combattre la violence.
 
Je suis convaincu que les jeunes formés à la NVA et à la paix, imprégnés des valeurs positives et évangéliques, deviendront des catalyseurs du changement dans leurs propres communautés et contribueront de manière significative à la restauration d’une culture de paix, de réconciliation et de tolérance dans leurs localités et leurs pays.
 
Propos recueillis par Junior Kitambala
 
 
 
 
 
 

Cinq prêtres enlevés en RDC - par webMaster le 01/10/2019 @ 21:35

 

TROIS PRETRES DISPARUS EN 2012 ET DEUX EN 2017

On n'en parle pas parce que c'est loin, mais voici déjà 7 ans que 3 pères assomptionistes Ndulani, Kishagu et Wasukundi ont été enlevés  dans le Nord Kivu par des bandes de rebelles. Depuis le mois d'octobre 2012, il n'y a aucune nouvelle, personne ne sait ce qu'ils sont devenus.

En juillet 2017, ce sont deux abbés qui ont été enlevés :  Charles Kipasa et JP. Akilimla. Cela s'est passé dans une paroisse du Nord Kivu, diocèse de Butembo-Beni. Ils étaient en compagnie de séminaristes dans le presbytère l'orsqu'une bande non identifiée a fait irruption et a rossé tout le monde avant d'amener avec eux les deux prêtres. Depuis, personne n'a aucune nouvelle du lieu où ils seraient et s'ils sont encore vivants.

De plus, un abbé qui était en poste dans le diocèse de Tournai en Belgique n'est jamais revenu de son congé au Kasaï en 2018. Quand on connaît le nombre personnes massacrées dans cette province, toutes les craintes sont permises.

 

 

 

 

 


 
 
Pierre Ruquoy : victime de la dispersion d’insecticides 
 
 
       On se souvient qu’il y a douze ans, Pierre quittait la République Dominicaine pour la Zambie. Très vite il n’a pu refuser de répondre positivement à la demande de familles qui, ayant déjà plusieurs orphelins à charge, ne pouvaient en accepter un en plus. C’est ainsi qu’aujourd’hui près d’une soixantaine de jeunes, garçons et filles, vivent dans ce petit centre géré actuellement par Pierre et un confrère cicm.
 
     Mais son dernier séjour pour soins médicaux en Belgique a été l’occasion de réfléchir sur l’origine de sa maladie de Parkinson. En effet, vivant dans un petit village de coupeurs de cannes à sucre en République Dominicaine, il est certain d’avoir été victime de l’insecticide dispersé par avion dans les champs voisins. Deux de ses confrères qui l’avaient précédé dans les environs (Frank De Waele et Gérard Rogmans) sont décédés également gravement atteints par cette maladie. De même, un bon nombre de travailleurs dans les Bateys (camps de travailleurs) tremblaient comme des feuilles au vent au moment de leur décès.
 
   Sur place, Pierre avait déjà contacté l’entreprise responsable de la dispersion du produit, mais celle-ci avait nié tout effet secondaire. Comme Pierre ne se laisse pas faire, il avait dénoncé ce danger dans des journaux. Le patron de l’entreprise a voulu acheter son silence en l’invitant à un petit banquet chez lui. 
 
    Comme Pierre avait décliné l’invitation, c’est l’un des chefs de la sucrerie qui s’est déplacé en jet avec tous les plats. Arrivé à la Paroisse, il a été accueilli par un grand merci, j’ai déjà mangé, mais vous pouvez aller à tel endroit donner ce repas aux malheureux qui sont victimes de votre produit ! Peu après, des agents sont venus discuter avec lui ; Pierre leur a offert un verre d’eau et, en se quittant, il leur a dit : Puisque vous assurez que votre produit n’est pas nocif, j’en ai mis un peu dans l’eau ! Voir la tête des agents.
 
    L’entreprise a également essayé d’acheter son remplaçant en lui faisant parvenir une bonne somme d’argent, mais notre confrère l’a fait transférer chez l’évêque. En Belgique, un médecin de l’hôpital St Pierre à Ottignies lui a affirmé qu’il connaissait ce produit et qu’effectivement, il engendrait des effets secondaires graves pour la santé. Aujourd’hui, Pierre envisage de recommencer ce combat pour la santé des coupeurs de canne à sucre.
 
Jean Peeters
 
 
 
 
 

BANQUE ING AU TRIBUNAL - par webMaster le 13/07/2019 @ 18:52

 
 
 
 LA BANQUE ING EST ACCUSEE D'ETRE COMPLICE D’ABUS DE DROITS HUMAINS DANS LE SECTEUR DE L’HUILE DE PALME: LES ONG DÉPOSENT PLAINTE
 
Bruxelles/Amsterdam, le 5 juillet 2019 – Aujourd’hui, des organisations membres des Amis de la Terre (Friends of the Earth) déposeront une plainte contre la banque néerlandaise ING Group auprès du Point de contact national des Pays-Bas pour la mise en œuvre des Principes directeurs de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour des entreprises multinationales.
 
Plusieurs ONG belges y ont participé et soutiennent la plainte qui fait échos aux revendications adressées depuis plusieurs années à ING Belgique. La plainte concerne le financement des entreprises de palmiers à huile - Noble Group, le Groupe Bolloré/Socfin et Wilmar International - et porte sur le déboisement de forêts tropicales (Noble Group), l’accaparement de terres (Groupe Bolloré/Socfin) et le travail des enfants (Wilmar International).
 
Comme membre d'une asbl qui rassemble les instituts missionnaires européens (AEFJN), Scheut participe financièrement à cette action. La banque incriminée finance allègrement des multinationales qui agrandissent illégalement leur possessions en Afrique et en Asie et ne respectent pas les promesses faites aux paysans expulsés de construire des routes, des dispensaires ou des écoles.
 
NB : on ne se fait pas d'illusions, car les banques ont de quoi financer des avocats réputés. De plus, d'autres banques sont également dans le collimateur. C'est pour cela que Scheut surveille de très près les placements que nous faisons. Nous exigeons que ces placements soient éthiques et.... nous les surveillons.
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
LIBEREZ MON PEUPLE
(cf. Ex 3, 10)
PAS D’ENTRAVES AU CHANGEMENT
 
*Message de la 56ème Assemblée Plénière des Evêques Membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo*
 
1.      Nous, Cardinal, Archevêques, Evêques et Administrateur diocésain, réunis à Kinshasa en Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), du 17 au 21 juin 2019, nous sommes penchés, entre autres, sur la situation actuelle de notre pays.
2.      En vertu de notre ministère pastoral et prophétique, nous poursuivons notre contribution à l’avènement d’un Congo uni, juste, prospère et solidaire.
                                                                                     
I. LE PEUPLE VEUT LE CHANGEMENT
 
3.      Les élections du 30 décembre 2018 ont suscité un espoir de changement dans le pays. Le Peuple s’est exprimé pour une véritable rupture avec l’ancien système de gouvernance, en vue d’avoir des dirigeants qui le mettraient au centre de leurs préoccupations. C’est dans cette perspective qu’il a salué les premiers gestes du nouveau Président de la République, notamment l’ouverture de l’espace politique et médiatique, la libération des prisonniers politiques, le retour au pays des exilés politiques, le lancement du programme de 100 premiers jours. Ce fait traduit sa volonté d’adhérer au changement voulu pour améliorer les conditions de vie de la population.
4.      Cependant, plus les jours passent  nous constatons que la situation n’évolue pas. L’élan pris pour l’avènement d’une nouvelle ère a été brisé par de sérieuses entraves de tous ordres. Cet état de choses compromet l’avenir de notre pays sur plusieurs plans.
                   
II. DES SITUATIONS PREOCCUPANTES
 
Sur le plan socio-politique
5.      Nous sommes plus que préoccupés par le temps pris pour les négociations en vue de la désignation des animateurs de certaines institutions, en l’occurrence le Bureau du Sénat et le Gouvernement. Cette manière d’agir, dans le contexte de notre pays, porte de graves préjudices au bon fonctionnement de l’Etat.
6.      En outre, le spectacle de la corruption éhontée, lors des élections des Gouverneurs et Sénateurs dans les Provinces, a suscité la question de la crédibilité et du sens de redevabilité de ceux qui ont été proclamés. Ainsi, l’image de notre pays s’en trouve-t-elle sérieusement ternie.
7.      Pire encore, l’institutionnalisation de la corruption dans les milieux éducatifs, surtout dans l’organisation des examens d’Etat, compromet gravement l’avenir de notre jeunesse.
8.       Après la tenue des élections présidentielle et législative au niveau national et provincial, les élections locales, fondement de la démocratie à la base, pourtant prévues par la Constitution et fixées par la CENI pour le 22 septembre 2019, semblent ne plus faire l’objet des préoccupations des instances compétentes. Le Peuple attend impatiemment et instamment ces élections. Peut-on asseoir la démocratie dans les Entités Territoriales Décentralisées par des acteurs nommés ?
9.      La liberté de mouvement de certains acteurs politiques n’est pas garantie dans quelques Provinces et villes de notre pays. Cette restriction de droits des citoyens constitue un recul par rapport à la décrispation du climat politique amorcée.
 
Sur le plan socio-économique
10.  L’économie souffre de faiblesses structurelles héritées du passé. Le chômage persiste, la scolarité et l’accès aux soins médicaux sont un luxe pour beaucoup de familles. Des milliers de personnes, dont un nombre impressionnant d’enfants, vivent dans une insécurité alimentaire sévère, dans un pays au sol fertile, et regorgeant en plus d’abondantes ressources naturelles ! Il s’observe un contraste scandaleux entre l’enrichissement vertigineux d’une minorité de nos compatriotes et l’extrême pauvreté dans laquelle gît la majorité des Congolais, et le fossé ne fait que se creuser.
 
Sur le plan sécuritaire et humanitaire
11.  L’insécurité perdure dans le Nord et le Sud-Kivu ainsi que dans le Tanganyika ; la violence connaît une recrudescence en Ituri. Nous ne comprenons pas que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO), n’arrivent pas encore à neutraliser les groupes armés, nationaux et étrangers, entre autres les ADF, la LRA et les FDLR ainsi que les envahisseurs Mbororo qui prolifèrent, sèment la mort et la désolation, comme si l’Etat n’existait pas ! Il est inacceptable que des groupes armés étrangers s’installent, s’entraînent et commettent des crimes en RD Congo, alors qu’ils n’attaquent pas leurs pays d’origine contre lesquels ils sont censés se rebeller. Les populations ont le sentiment d’être abandonnées. Tout porte à croire que le plan de déstabilisation et de balkanisation du pays, orchestré de l’extérieur avec la complicité de certains de nos compatriotes, se poursuit.
12.  De même, malgré l’engagement du Gouvernement et l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la riposte, la maladie à virus Ebola et aussi la rougeole, continuent à faire de nombreuses victimes parmi nos compatriotes. Nous saluons les efforts de tous les intervenants. Mais, nous déplorons et condamnons les attaques perpétrées régulièrement contre les Centres de Traitement de la maladie à virus Ebola.
13.  Une fois de plus, nous exprimons notre compassion et nos condoléances les plus chrétiennes aux familles éprouvées, victimes des violences, des pillages et de la maladie à virus Ebola.
14.  Ces événements malheureux, qui secouent notre pays, doivent être pour nous, Congolais, un motif d’assumer nos responsabilités et de resserrer davantage nos liens de solidarité et de fraternité (cf. 1Co 12, 26), afin de raffermir notre amour pour la Patrie.
 
Sur le plan de la justice et des droits humains
15.  La justice est l’un des piliers d’un Etat de droit ; elle grandit une nation (cf. Pr 14,34)[1]. Malheureusement, dans notre pays, elle est mal rendue, gangrénée par la corruption et instrumentalisée par le politique. Pour beaucoup de nos concitoyens, l’appareil judiciaire est perçu comme une officine de combines, un espace de règlement des comptes et de cautionnement des injustices. On espérait que l’éclatement de la Cour suprême en trois juridictions (Cour constitutionnelle, Cour de cassation et Conseil d’Etat) allait améliorer l’exercice de la justice. Hélas!, la corruption semble être le principal moyen pour gagner un procès. L’invalidation des mandats de certains députés, par la Cour constitutionnelle, au-delà du délai fixé par la loi, que d’aucuns perçoivent comme sélective, en est bien une illustration. On ne le dira jamais assez : on ne construit pas une nation sur la corruption, le mensonge et la tricherie.
 
III. NOS RECOMMANDATIONS
 
16.   En vue du changement voulu par le Peuple et de la sortie de la crise multiforme, nous recommandons :
            
A Son Excellence Monsieur le Président de la République
17.  D’assumer pleinement ses responsabilités de Chef de l’Etat ;
18.  De changer le système de gouvernance en instaurant un véritable Etat de droit à même de rendre notre pays fort et prospère ;
19.  De mettre l’Armée dans les conditions qui lui permettent de répondre efficacement à sa mission de défendre et de sauvegarder l’unité et l’intégrité du territoire national ;
20.  De redorer le blason de la Magistrature, particulièrement celui de la Cour constitutionnelle, de façon que le Peuple ait confiance en la Justice.
           
Au Parlement
21.  De se mettre réellement au service du Peuple qui a opté pour le changement ; de gérer utilement le temps pour voter des lois qui promeuvent la démocratie plutôt que les intérêts partisans. Dans cette perspective, la révision de la loi électorale en vue de la dépolitisation de la CENI s’avère plus que nécessaire ;
22.  De veiller à ce que la majorité au Parlement n’abuse pas de sa supériorité numérique pour faire voter des lois peu favorables au progrès de la démocratie dans notre pays ; de contrôler sans complaisance les membres du Gouvernement et les mandataires de l’Etat ;
23.  De ne pas chercher à modifier et à tailler sur mesure des individus ou des partis politiques,  les dispositions de la Constitution, particulièrement celles relatives aux modes des scrutins.
            
Au futur Gouvernement
24.  De mettre au centre de son action l’amélioration des conditions de vie de la population, spécialement dans les secteurs de l’éducation, la santé et les infrastructures ;
25.  De se préoccuper du grave devoir de l’éducation scolaire, entre autres, en régularisant la situation salariale des enseignants non payés ou omis, préalable nécessaire à la gratuité de l’enseignement promise par le Chef de l’Etat.
26.  De mettre en place un Comité de lutte contre la corruption ; de travailler à la dépolitisation de l’appareil judiciaire ; de veiller à l’effectivité de l’autonomie des Provinces ;
            A nous, Peuple congolais 
27.  De nous unir, d’assumer notre destin et de réaliser que le changement est un combat de nous tous ; de ne pas laisser une minorité prendre en otage notre Patrie et notre avenir ;
28.  De nous mettre résolument au travail pour notre développement intégral ; de savoir revendiquer et défendre pacifiquement nos droits.
 
CONCLUSION
 
29.  Le Peuple veut le changement, car « personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres » (Mc 2, 22). Raison pour laquelle, il s’est fortement mobilisé pour les élections du 30 décembre 2018. N’entravons pas son élan par des subterfuges politiciens dilatoires. Ainsi, avons-nous déjà affirmé dans notre message en 2007 : « la crise de notre pays est avant tout éthique. Le pays a grandement besoin d’hommes nouveaux et intègres. Un changement radical dans le comportement personnel, social et politique pourra apporter une nouvelle manière de gérer la République. Le Congo nouveau sera fondé sur les valeurs républicaines, les valeurs morales de la vie sociale et les valeurs évangéliques »[2].
30.  Par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo, et par celle de nos Bienheureux Isidore Bakanja et Marie-Clémentine Anuarite, que Dieu bénisse la RD Congo et son Peuple.
                                    Fait à Kinshasa, le 21 juin 2019
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
TRAVAIL DES ONG et des Instituts missionnaires
 
 
 Une entreprise canadienne (Feronia) qui avait repris les implantations au Congo d’UNILEVER totalisant 100.000ha de terres et de forêts s’était engagée par contrat à développer des routes, écoles, des dispensaires etc… pour dédommager les paysans de la confiscation de leurs terres. Après plusieurs années, rien n’a pratiquement été fait. 
 
Cette multinationale de l'agriculture a été financée largement par  6 pays membres l’UE (près de 100 millions de $ dont 11 millions de la belge BIO-invest (www.bio-invest.be/); donc de l’argent public belge est utilisé pour aider des entreprises privées dans les pays en développement et c’est avec notre argent que FERONIA exploite injustement les terres congolaises et réprime celles et ceux qui protestent. 
 
Grâce au travail de plusieurs ONG dont AEFJN (congrégations missionnaires européennes dont Scheut fait partie), la résistance s'organise. Ces ONG ont acheté quelques actions, elles ont droit de parole lors des Assemblées Générales. Dernièrement, cela a chauffé à l'AG au Luxembourg tandis que des délégués des associations de paysans congolais manifestaient à l'extérieur.
 
 Pour celles et ceux qui l'ignorent, c'est un exemple de ce qui se fait avec l'argent donné aux ONG et la contribution des Instituts missionnaires européens.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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