Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
Captcha
Recopier le code :
160 Abonnés
Nouvelles classées
+ Année 2019
+ Année 2018
+ Année 2017
+ Année 2016
+ Année 2015
+ Année 2014
+ Année 2013
+ Année 2012
+ Année 2011
Archives revue
Infos
Visites

 335946 visiteurs

 4 visiteurs en ligne


 
 
 
LIBEREZ MON PEUPLE
(cf. Ex 3, 10)
PAS D’ENTRAVES AU CHANGEMENT
 
*Message de la 56ème Assemblée Plénière des Evêques Membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo*
 
1.      Nous, Cardinal, Archevêques, Evêques et Administrateur diocésain, réunis à Kinshasa en Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), du 17 au 21 juin 2019, nous sommes penchés, entre autres, sur la situation actuelle de notre pays.
2.      En vertu de notre ministère pastoral et prophétique, nous poursuivons notre contribution à l’avènement d’un Congo uni, juste, prospère et solidaire.
                                                                                     
I. LE PEUPLE VEUT LE CHANGEMENT
 
3.      Les élections du 30 décembre 2018 ont suscité un espoir de changement dans le pays. Le Peuple s’est exprimé pour une véritable rupture avec l’ancien système de gouvernance, en vue d’avoir des dirigeants qui le mettraient au centre de leurs préoccupations. C’est dans cette perspective qu’il a salué les premiers gestes du nouveau Président de la République, notamment l’ouverture de l’espace politique et médiatique, la libération des prisonniers politiques, le retour au pays des exilés politiques, le lancement du programme de 100 premiers jours. Ce fait traduit sa volonté d’adhérer au changement voulu pour améliorer les conditions de vie de la population.
4.      Cependant, plus les jours passent  nous constatons que la situation n’évolue pas. L’élan pris pour l’avènement d’une nouvelle ère a été brisé par de sérieuses entraves de tous ordres. Cet état de choses compromet l’avenir de notre pays sur plusieurs plans.
                   
II. DES SITUATIONS PREOCCUPANTES
 
Sur le plan socio-politique
5.      Nous sommes plus que préoccupés par le temps pris pour les négociations en vue de la désignation des animateurs de certaines institutions, en l’occurrence le Bureau du Sénat et le Gouvernement. Cette manière d’agir, dans le contexte de notre pays, porte de graves préjudices au bon fonctionnement de l’Etat.
6.      En outre, le spectacle de la corruption éhontée, lors des élections des Gouverneurs et Sénateurs dans les Provinces, a suscité la question de la crédibilité et du sens de redevabilité de ceux qui ont été proclamés. Ainsi, l’image de notre pays s’en trouve-t-elle sérieusement ternie.
7.      Pire encore, l’institutionnalisation de la corruption dans les milieux éducatifs, surtout dans l’organisation des examens d’Etat, compromet gravement l’avenir de notre jeunesse.
8.       Après la tenue des élections présidentielle et législative au niveau national et provincial, les élections locales, fondement de la démocratie à la base, pourtant prévues par la Constitution et fixées par la CENI pour le 22 septembre 2019, semblent ne plus faire l’objet des préoccupations des instances compétentes. Le Peuple attend impatiemment et instamment ces élections. Peut-on asseoir la démocratie dans les Entités Territoriales Décentralisées par des acteurs nommés ?
9.      La liberté de mouvement de certains acteurs politiques n’est pas garantie dans quelques Provinces et villes de notre pays. Cette restriction de droits des citoyens constitue un recul par rapport à la décrispation du climat politique amorcée.
 
Sur le plan socio-économique
10.  L’économie souffre de faiblesses structurelles héritées du passé. Le chômage persiste, la scolarité et l’accès aux soins médicaux sont un luxe pour beaucoup de familles. Des milliers de personnes, dont un nombre impressionnant d’enfants, vivent dans une insécurité alimentaire sévère, dans un pays au sol fertile, et regorgeant en plus d’abondantes ressources naturelles ! Il s’observe un contraste scandaleux entre l’enrichissement vertigineux d’une minorité de nos compatriotes et l’extrême pauvreté dans laquelle gît la majorité des Congolais, et le fossé ne fait que se creuser.
 
Sur le plan sécuritaire et humanitaire
11.  L’insécurité perdure dans le Nord et le Sud-Kivu ainsi que dans le Tanganyika ; la violence connaît une recrudescence en Ituri. Nous ne comprenons pas que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO), n’arrivent pas encore à neutraliser les groupes armés, nationaux et étrangers, entre autres les ADF, la LRA et les FDLR ainsi que les envahisseurs Mbororo qui prolifèrent, sèment la mort et la désolation, comme si l’Etat n’existait pas ! Il est inacceptable que des groupes armés étrangers s’installent, s’entraînent et commettent des crimes en RD Congo, alors qu’ils n’attaquent pas leurs pays d’origine contre lesquels ils sont censés se rebeller. Les populations ont le sentiment d’être abandonnées. Tout porte à croire que le plan de déstabilisation et de balkanisation du pays, orchestré de l’extérieur avec la complicité de certains de nos compatriotes, se poursuit.
12.  De même, malgré l’engagement du Gouvernement et l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la riposte, la maladie à virus Ebola et aussi la rougeole, continuent à faire de nombreuses victimes parmi nos compatriotes. Nous saluons les efforts de tous les intervenants. Mais, nous déplorons et condamnons les attaques perpétrées régulièrement contre les Centres de Traitement de la maladie à virus Ebola.
13.  Une fois de plus, nous exprimons notre compassion et nos condoléances les plus chrétiennes aux familles éprouvées, victimes des violences, des pillages et de la maladie à virus Ebola.
14.  Ces événements malheureux, qui secouent notre pays, doivent être pour nous, Congolais, un motif d’assumer nos responsabilités et de resserrer davantage nos liens de solidarité et de fraternité (cf. 1Co 12, 26), afin de raffermir notre amour pour la Patrie.
 
Sur le plan de la justice et des droits humains
15.  La justice est l’un des piliers d’un Etat de droit ; elle grandit une nation (cf. Pr 14,34)[1]. Malheureusement, dans notre pays, elle est mal rendue, gangrénée par la corruption et instrumentalisée par le politique. Pour beaucoup de nos concitoyens, l’appareil judiciaire est perçu comme une officine de combines, un espace de règlement des comptes et de cautionnement des injustices. On espérait que l’éclatement de la Cour suprême en trois juridictions (Cour constitutionnelle, Cour de cassation et Conseil d’Etat) allait améliorer l’exercice de la justice. Hélas!, la corruption semble être le principal moyen pour gagner un procès. L’invalidation des mandats de certains députés, par la Cour constitutionnelle, au-delà du délai fixé par la loi, que d’aucuns perçoivent comme sélective, en est bien une illustration. On ne le dira jamais assez : on ne construit pas une nation sur la corruption, le mensonge et la tricherie.
 
III. NOS RECOMMANDATIONS
 
16.   En vue du changement voulu par le Peuple et de la sortie de la crise multiforme, nous recommandons :
            
A Son Excellence Monsieur le Président de la République
17.  D’assumer pleinement ses responsabilités de Chef de l’Etat ;
18.  De changer le système de gouvernance en instaurant un véritable Etat de droit à même de rendre notre pays fort et prospère ;
19.  De mettre l’Armée dans les conditions qui lui permettent de répondre efficacement à sa mission de défendre et de sauvegarder l’unité et l’intégrité du territoire national ;
20.  De redorer le blason de la Magistrature, particulièrement celui de la Cour constitutionnelle, de façon que le Peuple ait confiance en la Justice.
           
Au Parlement
21.  De se mettre réellement au service du Peuple qui a opté pour le changement ; de gérer utilement le temps pour voter des lois qui promeuvent la démocratie plutôt que les intérêts partisans. Dans cette perspective, la révision de la loi électorale en vue de la dépolitisation de la CENI s’avère plus que nécessaire ;
22.  De veiller à ce que la majorité au Parlement n’abuse pas de sa supériorité numérique pour faire voter des lois peu favorables au progrès de la démocratie dans notre pays ; de contrôler sans complaisance les membres du Gouvernement et les mandataires de l’Etat ;
23.  De ne pas chercher à modifier et à tailler sur mesure des individus ou des partis politiques,  les dispositions de la Constitution, particulièrement celles relatives aux modes des scrutins.
            
Au futur Gouvernement
24.  De mettre au centre de son action l’amélioration des conditions de vie de la population, spécialement dans les secteurs de l’éducation, la santé et les infrastructures ;
25.  De se préoccuper du grave devoir de l’éducation scolaire, entre autres, en régularisant la situation salariale des enseignants non payés ou omis, préalable nécessaire à la gratuité de l’enseignement promise par le Chef de l’Etat.
26.  De mettre en place un Comité de lutte contre la corruption ; de travailler à la dépolitisation de l’appareil judiciaire ; de veiller à l’effectivité de l’autonomie des Provinces ;
            A nous, Peuple congolais 
27.  De nous unir, d’assumer notre destin et de réaliser que le changement est un combat de nous tous ; de ne pas laisser une minorité prendre en otage notre Patrie et notre avenir ;
28.  De nous mettre résolument au travail pour notre développement intégral ; de savoir revendiquer et défendre pacifiquement nos droits.
 
CONCLUSION
 
29.  Le Peuple veut le changement, car « personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres » (Mc 2, 22). Raison pour laquelle, il s’est fortement mobilisé pour les élections du 30 décembre 2018. N’entravons pas son élan par des subterfuges politiciens dilatoires. Ainsi, avons-nous déjà affirmé dans notre message en 2007 : « la crise de notre pays est avant tout éthique. Le pays a grandement besoin d’hommes nouveaux et intègres. Un changement radical dans le comportement personnel, social et politique pourra apporter une nouvelle manière de gérer la République. Le Congo nouveau sera fondé sur les valeurs républicaines, les valeurs morales de la vie sociale et les valeurs évangéliques »[2].
30.  Par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo, et par celle de nos Bienheureux Isidore Bakanja et Marie-Clémentine Anuarite, que Dieu bénisse la RD Congo et son Peuple.
                                    Fait à Kinshasa, le 21 juin 2019
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
TRAVAIL DES ONG et des Instituts missionnaires
 
 
 Une entreprise canadienne (Feronia) qui avait repris les implantations au Congo d’UNILEVER totalisant 100.000ha de terres et de forêts s’était engagée par contrat à développer des routes, écoles, des dispensaires etc… pour dédommager les paysans de la confiscation de leurs terres. Après plusieurs années, rien n’a pratiquement été fait. 
 
Cette multinationale de l'agriculture a été financée largement par  6 pays membres l’UE (près de 100 millions de $ dont 11 millions de la belge BIO-invest (www.bio-invest.be/); donc de l’argent public belge est utilisé pour aider des entreprises privées dans les pays en développement et c’est avec notre argent que FERONIA exploite injustement les terres congolaises et réprime celles et ceux qui protestent. 
 
Grâce au travail de plusieurs ONG dont AEFJN (congrégations missionnaires européennes dont Scheut fait partie), la résistance s'organise. Ces ONG ont acheté quelques actions, elles ont droit de parole lors des Assemblées Générales. Dernièrement, cela a chauffé à l'AG au Luxembourg tandis que des délégués des associations de paysans congolais manifestaient à l'extérieur.
 
 Pour celles et ceux qui l'ignorent, c'est un exemple de ce qui se fait avec l'argent donné aux ONG et la contribution des Instituts missionnaires européens.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

P. Michel Decreane - par webMaster le 27/04/2019 @ 21:25

 

LES RESTES DU P. MICHEL DECRAENE, ANCIEN SUPÉRIEUR GÉNÉRAL,  RAMENÉS À MBUDI À KINSHASA

 

Décédé le 22 mai 1994 à l'âge de 59 ans à Mbanza Congo en Angola, Michel venait de terminer son mandat de Supérieur Général de Scheut. Il était venu à Mbanza Congo en réponse à la demande de l'évêque du pays afin de fonder une première équipe Scheutiste dans le pays.

Ce vendredi 26 avril, ses restes sont rentrés "au pays" et enterrés à Mbudi à Kinshasa, au milieu des siens. La cérémonie s'est déroulée en présence de nombreux confrères, sous la présidence de Monseigneur Philippe Nkiere.

Certains se sont posé la question de l'opportunité de ce transfert et de son coût. La réponse est simple : d'un côté nous avions été prévenus que la concession de Mbanza Congo appartenant à une congrégation de religieuses allait recevoir une autre affectation. Mais d'un autre côté, ce transfert correspond à totalement à la mentalité africaine : Michel est un des nôtres, il doit reposer au milieu des siens au Congo. Il ne pouvait pas rester tout seul éloigné des siens.

 

 

 

 


Interview Mgr Monsengwo Kinshasa - par webMaster le 16/03/2019 @ 11:31

 

Interview du cardinal Monsengwo sur la situation au Congo
Extraits (www.lalibre.be) 
 
LLA. Vous avez confirmé, au Sénat belge, que pour la Conférence épiscopale congolaise (Cenco), le vainqueur de l’élection présidentielle était Martin Fayulu. Que peut faire celui-ci pour que soit reconnue sa victoire. Y a-t-il encore de l’espoir pour lui ?
Mgr Monsengwo. Oui. Nous avons bien fait de diffuser les chiffres. Ceux qui ont financé le déploiement de nos observateurs l’ont fait pour que ceux-ci récoltent les résultats affichés bureau de vote par bureau de vote. Malheureusement, l’occasion d’afficher ces résultats n’a pas été totalement donnée aux agents de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) mais nos observateurs ont pu prendre environ 73% des procès-verbaux. Nos chiffres ont été compilés pour être diffusés, pas pour être cachés. D’autant qu’ils sont similaires à ceux rapportés par Cach (NDLR : la coalition Tshisekedi/Kamerhe) et à ceux des Églises protestantes. Martin Fayulu doit continuer à faire ce qu’il a fait jusqu’ici – soit le contraire de ce qu’on veut lui faire faire. Il doit s’efforcer de faire éclater la vérité des urnes. Son combat, c’est celui du peuple.
 
LLA. Mais de quels leviers dispose-t-il, concrètement, alors que la Cour constitutionnelle a dit sa requête non fondée ?
Mgr M. La Cour constitutionnelle est inféodée. Le peuple voulait que disparaisse le système de gouvernance de Kabila ; ce n’est pas une affaire de personne, c’est une affaire de système. C’est ce que dit le peuple.
LLA. Mais personne ne l’entend…
Mgr M. Nous ne pensons pas. On a dit que l’Union africaine avait reconnu Tshisekedi. Or, quand M. Tshisekedi s’est rendu à Luanda, le président angolais Joao Lourenço avait fait déployer le drapeau national, pas celui du Congo. Et lorsque leurs entretiens ont été terminés, qu’a-t-il donné à Félix Tshisekedi ? Il lui a dit : puisque le régime a changé, reprenez vos réfugiés. Ces gestes, cela voulait dire : je reçois un commerçant, avec lequel je fais des accords.
LLA. A l’Union africaine on l’a cependant élu comme un des vice-présidents de la Commission africaine. Mgr M. Oui. (Rire) Cela ne veut rien dire…
LLA. Comment se fait-il que la population n’ait pas protesté devant le tour de passe-passe électoral ? Mgr M. La population proteste par sa manière d’accueillir Martin Fayulu en triomphe, partout où il est passé après les élections – Kinshasa, Beni, Butembo, Goma, Kikwit, Masi-Manimba, Matadi.
 
LLA. Mais cela ne change pas les choses.
 
Mgr M. Après les élections, la Cenco, les confessions religieuses, les acteurs politiques et Fayulu lui-même ont appelé le peuple au calme ; c’est très important pour comprendre pourquoi le peuple est resté calme malgré sa déception. Plusieurs fois, d’ailleurs, le peuple a réclamé des armes mais Martin Fayulu a dit : c’est un combat démocratique. Il faut se rappeler qu’avant les élections, il y a eu beaucoup de morts lors des protestations (NDLR : contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila). La seule réaction de Joseph Kabila a été la répression dans le sang. Il est encore là ; son gouvernement est encore là ; sa police est là, son armée est là… Donc on voit la volonté du peuple dans sa mobilisation lorsque vient Martin Fayulu.
 
LLA. Que pensez-vous de l’attitude de l’Union européenne (NDLR : qui a félicité Félix Tshisekedi) ? De la Belgique (qui a pris note de son accession à la Présidence) ? Mgr M. Si vous ne comprenez pas les signaux qui vous sont envoyés, que voulez-vous qu’on vous dise ?
 
LLA. Comment agir si les Congolais eux-mêmes n’organisaient pas les protestations violentes auxquelles les capitales étrangères s’attendaient ? Mgr M. Pour qu’on les tue ? Qu’on les tue jusque dans les églises, comme cela s’est déjà fait ? La mobilisation, aujourd’hui, tient compte des précédents ; les manifestations sont donc pacifiques.
 
LLA. En Europe, on a l’impression que, pour la majorité des Congolais, même si Fayulu n’a pas vu sa victoire reconnue, il y a quand même alternance et qu’ils se contentent de ça. Tshisekedi est-il l’alternance pour la population ?
Mgr M. Il est nommé. Est-ce ce que la population attendait, je ne le pense pas.
LLA. Jusqu’à quand durera le mouvement de manifestations pacifiques ?
Mgr M. Tant que Fayulu réclamera la vérité des urnes.
 
LLA. Que pensez-vous qui va changer au Congo avec le passage d’un régime Kabila à un attelage Kabila-Tshisekedi ? Mgr M. C’est le même régime. Rien n’a changé. Au contraire : c’est un Président nommé. Si vous vous contentez de cela, bon. Mais Fayulu va continuer à réclamer la vérité des urnes.
(..)
LLA. En tant que cardinal, vous pensez que la Cenco n’a pas reconnu Tshisekedi ?
Mgr M. La Cenco, en son temps, avait donné sa position : il ne lui appartient pas de refuser l’investiture de M. Tshisekedi. L’Église accompagne les institutions pour y mettre la vérité. Et c’est cette vérité que nous voulons. Parce que c’est cette vérité qui apportera la paix au Congo.
.
LLA. On se focalise sur la présidentielle mais les législatives interpellent aussi 
Mgr. M. Ces résultats, tels que proclamés par la CENI, ne vont pas dans le sens de la logique du résultat de l’élection présidentielle, car quelqu’un qui vote pour un candidat président ne va quand même pas voter aux législatives contre les partisans de ce candidat présidentiel ! 
(…)
LLA. On a tué dans les églises lors des trois marches de décembre 2017, janvier et février 2018 à Kinshasa. Puis ces marches n’ont plus eu lieu…
Mgr M. On leur a demandé d’arrêter ces marches parce que des gens ont été empêchés de prier alors qu’ils voulaient juste prier ; ils ont été entraînés dans le mouvement des autres ou bien n’ont même pas pu sortir des enclos des églises.
LLA. Cet arrêt des marches n’a pas été bien compris par la population. Mgr M. C’est vrai. La population l’a vu comme une demi-mesure ; ça lui a laissé une impression d’inachevé. On a alors décidé de changer de stratégie.
(…)
LLA. Face à un pouvoir comme celui de M. Kabila, l’Église catholique n’a-t-elle pas perdu de son influence en RDC ?
Mgr. M. C’est une affirmation massive ! Non, pas du tout ! L’Église, ce sont des dizaines de milliers d’écoles, des centaines d’hôpitaux, des milliers de dispensaires, des milliers de paroisses disséminées dans tout le pays et des universités. Près de 60% de la population est catholique. Et l’Église Catholique du Congo est la plus importante d’Afrique ; elle est de loin l’organisation de la société civile la mieux structurée et gouvernée. La majorité des cadres du pays sont sortis des écoles catholiques et ils apportent au pays un important socle intellectuel et moral de grande qualité. Dites-moi alors si votre affirmation n’est pas trop hâtive ! Un adage latin dit ceci : « Quod gratis affirmatur, gratis negatur ! »
(…)
NB : On se rappelle les massacres opérés par l’armée et par la garde présidentielle (cette dernière est composée principalement de mercenaires et…. nettement mieux payée et équipée que l’armée nationale), lors des manifestations pour exiger que Kabila respecte la constitution. 
 
 
 
 
 
 

 
 
Une vie missionnaire mouvementée au Congo : 
André Leblanc, 40 ans au Congo.
(Document rédigé par son frère Jacques)
 
     Né à Namur, le 8 décembre 1933, André entre dans la congrégation de Scheut à Jambes en 1953 et il sera ordonné prêtre à Scheut-Bx, le 2 août 1959. Au moment où après l’indépendance de 1960 les Belges fuient le Congo, il part en mission pour un premier terme de sept ans. C’est dans la province du Bas-Congo, à Tshela qu’il rejoint la communauté de Scheut, avant celle Seke-Mbanza où les langues usuelles sont le Kimbala et le kiyombe.
 
Paroisse abandonnée depuis 25 ans
     En 1984, André se porte volontaire pour une paroisse délaissée après la rébellion de 1964 et donc sans prêtre depuis 25 ans, Banalia à une centaine de km au nord de Kisangani et il s’adapte maintenant à la langue swahili. Il dessert alors la région dans un rayon de plus de 150 km jusqu’à Panga, une ancienne mission construite dans les années vingt et abandonnée depuis l’indépendance. Les bâtiments sont en ruine, mais habités par un assistant paroissial, sa femme et ses enfants, on l’appelle le vicaire, il n’y a ni eau, ni électricité! Le plus souvent, André se déplace à pied ou en vélo, il s’absente alors de la mission plusieurs jours, voir plusieurs semaines pour visiter les paroisses, de village en village.
      En mai 1990, dans le cadre d’une mission de coopération, j’ai pu rejoindre André à Banalia et l’accompagner dans une expédition à Panga situé à 150 km, sur les chemins des petits chercheurs d’or. C’est le cœur d’une région d’exploitation sauvage et de trafic d’or et de diamants qui ne profite pas à la population. Il fallait acheminer à Panga des vivres et un volumineux matériel, avec une ancienne jeep Toyota et Maurice, un confrère véritable as du volant, nous sommes partis à l’aurore à travers des pistes embourbées. On ne devait pas éviter des trous, mais les choisir et le pire, franchir ce qui avait été des ponts. Sur le trajet, j’en ai compté quatre-vingts, fait de grumes et de planches instables, surplombant rivières et ravins, chaque traversée comprenant des risques inimaginables. 
     Après quinze heures de route, c'est au crépuscule que nous arrivons à Panga où nous sommes accueillis tellement chaleureusement. Les gens du lieu avaient été prévenus de l’arrivée du père André par une succession de messages « tam-tam » que nous avions pu entendre tout au long de notre parcours. André me cède sa chambre, une sorte de grange, de mon lit de camp, j’aperçois plus les étoiles que la toiture, une peau de serpent desséchée d’environ un mètre parait collée à une poutre et le vol des chauffe-souris ne me facilite pas le sommeil… Le lendemain à 6 heures une cloche sonne et la grande chapelle délabrée et presque sans toit se trouve remplie par plus de cent personnes, dont beaucoup d’enfants qui improvisent une petite chorale. Ils ont souvent marché la nuit plus ou moins de vingt km, me dit André, pour assister à la messe. 
 
Au secours de Mgr Nkiere cicm
    En 1996, André répond à un nouvel appel, presque de détresse, lancé par Mgr Philippe Nkiere-Kena, évêque de Bondo, depuis 1992. André y arrive en novembre 1996, alors seul prêtre européen dans une région (province du Bas-Uele) plus grande que la Belgique et ne dispose d’aucune commodité, comme l’eau ou l’électricité.  
 
    Une atmosphère d’insécurité règne dans la région, les milices de Mobutu, livrées à elles-mêmes, commettent de nombreuses d’exactions, des pillages et des arrestations arbitraires sont courantes et déjà on parle de l’avancée du rebelle Kabila. À Bondo, Mgr Nkiere avait aussi mis en place ce mouvement de défense des plus démunis, « Ekolo ya Bondeko » qu’il avait créé à Kinshasa et qui lui tenait fort à cœur. André est avec lui dans les moments les plus difficiles, et ils n’ont pas manqués. Ensemble ils effectuent des démarches presque quotidiennes pour aider des paroissiens aux prises avec les abus de ces militaires qui ne touchent plus de solde et vivent surtout de rapines. 
 
En état de guerre
 
     Le 6 janvier 1997, André m’écrit : Depuis la prise de Bunia (1000 km de Bondo), par l’armée de Kabila, je suis à Lisanga (petit village des environs de Bondo). Alors que j’animais une retraite de séminaristes, dans la nuit du 30 au 31 décembre, vers 23 heures, un de nos stagiaires est venu me réveiller. Mgr me faisait savoir qu’il fallait fuir sur-le-champ en emportant ce que nous avions de plus précieux, c’était mon calice et ma petite machine à écrire. La retraite ainsi écourtée, l’étudiant me précède et nous partons rejoindre notre évêque ainsi que trois demoiselles missionnaires laïques. Mgr avait été informé qu’avec André, ils étaient en tête de liste de personnes recherchées et condamnées à mort !
La contrée est en état de guerre, les fuyards de Mobutu avaient complètement pillé les localités environnantes et ils se déplaçaient en colonnes de camions et voitures volées… La nuit on se cache, il est cependant décidé d’avancer l’ordination au diaconat de deux de nos jeunes séminaristes. André poursuit : Nous n’imaginions pas que la situation allait empirer si rapidement, nous nous sommes ainsi retrouvés dans la brousse, mais finalement cette nuit dans la tourmente fut pour nous une expérience très riche. Nous avons ensuite été recueillis dans un petit village non loin de l’évêché, là où « notre évêque des abandonnés », comme le dénomme André, recueille les exclus de la société, les lépreux et les plus misérables. C’est eux qui nous ont sauvés durant cette nuit où nous avons craint le pire. D’abord réfugié sous une toiture en construction, à côté d’une palmeraie d’huile, avant d’être reçu dans une maisonnette ronde, au toit de chaume où des stagiaires nous ont procuré deux matelas. Un a été donné aux trois demoiselles, le second, Philippe et moi l’avons partagé fraternellement.  Ce qu’André ne dit pas, c’est qu’en fait, il était devenu le fraternel « garde du corps » de son évêque ! 
 
La fuite
    Le 30 décembre, dit André, nous avons eu une dernière réunion avec Mgr pour décider de la sauvegarde des personnes et des biens. La situation est telle que nous devons impérativement quitter la région. Un avion devrait venir nous prendre le 1er janvier, mais il ne pourra emmener que cinq passagers, sans bagage, Mgr Philippe, trois expatriés, deux sœurs et moi. Les auxillaires diocésaines se cacheront dans leur famille ainsi que les séminaristes et les stagiaires. Pour finir, l’avion annoncé ne viendra pas et c’est en voiture que durant la nuit de la Saint-Sylvestre 1997 nous cherchons à fuir, mais après 7 heures de route, nous décidons à nos risques et périls de rentrer à Bondo. Vers 13 heures, à peine arrivés à l’entrée en ville, nous sommes informés de l’atterrissage du petit avion attendu. Finalement, nous arriverons à Kinshasa le 4 janvier où nous sommes accueillis par nos confrères de Scheut à Limete. 
 
    Après quelque temps à Kinshasa, Laurent Kabila ayant pris le complètement le pouvoir en mai 1997, André retourne à Bondo où malgré les fortes tensions qui règnent, il poursuit son action missionnaire et reste très proche de son évêque Mgr Nkiere. 
 
Une vie pleine de risques
      Au cours de sa vie au Congo, déjà avant Bondo, le père André frôle plusieurs fois la mort, il n’a pas pu échapper à la malaria ; à Banalia, alors que le bac qui traverse la rivière Aruwimi est en panne, un villageois l’invite à monter dans sa pirogue, il est ivre et l’embarcation ne tarde pas à se retourner, repêché inconscient, on le croit noyé, il revient à lui, les témoins parlent d'un miracle ! Dans ses nombreux déplacements, André dort chez l’habitant sur une natte à même le sol, il sera mordu par un serpent et soigné par un guérisseur local. À Panga, il se blesse sérieusement à la jambe, il fera 200 km en vélo pour se faire soigner à l’hôpital de Bangassou en République centrafricaine.
 
    Après un congé en Belgique en 1999, André retourne à Bondo, mais en début de l’an 2000, des problèmes sérieux de santé l’obligent à rentrer en Belgique. Il devient malvoyant et se dirige avec une canne, malgré cette dure épreuve, il veut rester utile et missionnaire. En 2001, il rejoint la communauté paroissiale des Scheutistes, proche des aéroports de Paris, dans un quartier populaire à Goussainville, il visite les gens du voyage, mais il sera aussi l’objet agression qui le marque douloureusement. En 2002, son état s’aggrave et il est amené à rentrer en Belgique, après un pénible parcours d’hôpitaux, il décédera dans sa communauté d’Embourg, le 30 mars 2004.
 
Quelques jours avant sa mort, André me disait : « J’ai été heureux d’avoir pu vivre avec les plus démunis, mes 40 ans de Congo ont été pour moi, des années de bonheur,
ici je suis un peu un SDF » !
 
 
Jacques Leblanc,  10 février 2019.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
REGINALD MOREELS : la clandestinité des Sans Papier leur est non seulement nuisible, mais elle l’est également pour notre société
 
Il y a quelques mois, le Docteur Moreels, Médecin du Monde et ancien ministre CD&V a publié une analyse très interpellante sur l’arrivée de nombreux migrants dans notre pays et a été plusieurs fois interviewé. L’essentiel de son message a été étudié par notre groupe JPIC :
 
1. La migration est un phénomène naturel qui existe depuis toute éternité et que nul pouvoir politique, policier ou même militaire ne pourra vraiment empêcher. Laisser ces gens dans la clandestinité finit par les inciter à des vols, des agressions, même entre eux. Il en va de leur bien-être comme du nôtre. Il faut agir :
 
2. D’abord analyser la situation avec le Secrétaire d'État, des représentants des gouvernements locaux, d’associations de migrants, mais surtout des employeurs privés et publics. Ce groupe de travail aurait comme objectif de répondre aux questions suivantes : 
      - Nombre de nouveaux arrivants font-ils de petits travaux, quel genre ?
      - Combien de postes vacants sont à pourvoir - Il y a énormément de postes de travail qui cherchent des travailleurs : lesquels, où, quelle qualification…. ? 
      - Combien d'enfants migrants vont à l'école, combien d’adultes suivent une formation ? 
 
3. Contrat de travail temporaire
Ces recherches peuvent donner des pistes en vue d’impliquer ces personnes dans un processus utile, sans risque d'être arrêté, au lieu de les laisser traîner dans des centres d'asile, ou de devoir vagabonder clandestinement ou travailler au noir. Ces personnes pourraient bénéficier d'un contrat de travail temporaire dans un métier en pénurie et contribuer ainsi à notre sécurité sociale par la cotisation mensuelle des salariés. De plus, une activité est le meilleur moyen de prévenir la criminalité.
 
4. Formation : il faut absolument mettre en œuvre des cours obligatoires : langue, droits et devoirs civils, sécurité sociale ainsi que toutes les possibilités de résider légalement dans notre pays. Ces cours devraient être accompagnés d’un certain nombre d'incitants pour des projets de développement ou des start-ups. Cela est déjà le cas pour Fedasil, mais il est limité aux seuls demandeurs d'asile.
 
5. Décision Européenne : il est évident qu’une telle politique ne peut se réaliser dans la seule Belgique, elle doit être coordonnée avec les pays européens voisins qui pourraient être ouverts à une amélioration du statut des migrants. Si la Commission européenne veut mettre des dizaines de milliards sur la table pour mieux protéger les frontières de l'Europe, je me révolte. En effet, ces milliards devraient être dépensés plus utilement affirme Mr Moreels.
 
6. Transformer les "hot spot" de la Méditerranée en bureaux "info-immigrés", dotés d'un personnel nombreux où chaque migrant pourrait s'inscrire avec son curriculum vitae et être renvoyé vers un État membre où il peut être logé et employé et où les mineurs scolarisés peuvent être logés et recevoir un guide de l'État membre qui accueille ce migrant. 
 
NOTRE REFLEXION :
 
Ce projet semble faisable et réaliste, mais demandera bien des années pour se réaliser. Pour ce faire, il faut que l’opinion publique évolue, car c’est elle qui dicte la conduite des Politiques.
 
Même si nous Scheutistes, nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan belge et européen, c’est notre mission de collaborer à la construction d’une société plus juste et respectueuse des personnes en danger. C’est pour cela que nous avons décidé de faire connaître cette proposition dans des associations qui peuvent influencer l’opinion publique : contacter les Commissions diocésaine « Pro Migrantibus » : Namur, Bruxelles et Liège Flandres – Jesuit Refugiee Service  – AEFJN – Jakoeboe - Orbit Refugees Flanders Entr'aide et fraternité/11 11 11 ......... 
 
 
 
 
 
 
 

UNE SEULE EGLISE EN CHINE - par webMaster le 20/12/2018 @ 12:24

C'est un accord historique : il n'y a plus ni Église gouvernementale, ni Église souterraine : une seule et même Église reconnue par la Chine et par le Pape reconnu non plus comme chef d'État, mais comme chef religieux.

-

ACCORD HISTORIQUE ENTRE PÉKING (BEIJING) ET LE PAPE.

FIN DU CONFLIT ÉGLISE GOUVERNEMENTALE / ÉGLISE SOUTERRAINE
 
 
Le Pape est pasteur suprême de l’Église
Le 22 septembre, le Vatican et Beijing ont signé un accord historique pour l'Église en Chine. Pour la première fois de son existence, la République Populaire de Chine a signé un accord reconnaissant le Pape comme pasteur et tête de l'Église. Jusqu'à maintenant, la Chine ne reconnaissait le Pape que comme souverain de l'État du Vatican. Ainsi la Chine ignorait la tâche principale du Pape, celle de tête de la communauté ecclésiale Catholique universelle. L'accord concerne donc uniquement la pastorale et n'a rien à voir avec des relations politiques ou diplomatiques.  Quand le Pape nommera un évêque en Chine cela ne sera plus considéré comme une ingérence dans les affaires internes de la Chine. Dorénavant cela sera comme relevant normalement de la tâche et du privilège du Pape qui est reconnu en tant que tel.
 
Tous les évêques sont en communion avec le Pape, même ceux nommés par le Gouvernement.
De son côté, Rome reconnaît officiellement les évêques qui avaient été nommés par le Gouvernement sans l’accord du Pape. Depuis 60 ans, l’existence de ces évêques non-nommés par Rome fut une des grandes préoccupations de l’Église. Le rétablissement de cette communion avec Rome était essentiel et mérite d'être célébré. En outre, il devient possible que dans un proche avenir, le Pape puisse nommer, en accord avec le gouvernement chinois, un évêque dans la trentaine de diocèses, qui jusqu'à maintenant n'ont pas d'évêque. Donc, encore un problème résolu. C'est pourquoi nous pouvons parler d'un accord historique et pour le bien de l’Église en Chine. Le Pape François avec son équipe de négociateurs, capables et ayant des années d'expérience dans ce domaine, sont parvenus à cet accord (…..).
 
Soixante ans de témoignage
Toutefois, le grand mérite pour cet accord revient aux pasteurs et aux fidèles de l'Église en Chine. Sans soixante ans de témoignage courageux de fidélité à Rome de la part de la communauté croyante de Chine – de l'Église “officielle” comme de la “souterraine” - le Pape ne serait jamais parvenu à cet accord. En Chine, les deux communautés ecclésiales sont profondément divisées concernant la collaboration et le dialogue avec le gouvernement communiste tout en rendant chacune à sa façon un témoignage crucial de fidélité à Rome. La communauté souterraine était en conflit avec le gouvernement, surtout quant à son unité prononcée avec Rome. Le double témoignage était clair pour tous en Chine. Il a amené l'autorité civile à reconnaître le Pape comme tête de l’Église universelle, de sorte que maintenant il obtient aussi le droit de nommer des évêques après l'accord du gouvernement.
Évidemment nous ne connaissons pas (encore) le texte complet, mais il est évident que l’accord est limité, aussi bien dans le temps que quant à son contenu. Il sera évalué après quelques années. En tout cas dès maintenant l'espoir est réel que dans un proche avenir le Pape pourra enfin, en accord avec le gouvernement, nommer des évêques dans les diocèses chinois. Deux évêques chinois ont déjà pu participer à Rome au Synode des évêques. Le Pape était visiblement ému quand il les a accueillis lors de l’audience générale.  
 
Extraits de la lettre CICM, Institut Verbiest, KU Leuven, Belgique
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Caravanes vers les USA - par webMaster le 25/11/2018 @ 12:20

 
 
LES CARAVANES DE MIGRANTS D'AMÉRIQUE CENTRALE
Nous ne partons pas parce que nous le voulons, la violence et la pauvreté nous expulsent
 
 
Les Honduriens
Le vendredi 12 octobre 2018, à la gare routière de San Pedro Sula, l'une des villes les plus marquées par la violence dans le monde, un groupe de personnes s'est rassemblé pour marcher vers les États-Unis afin d'échapper au chômage et à la violence en Honduras. 
 
Avec le slogan " Nous ne partons pas parce que nous le voulons, la violence et la pauvreté nous expulsent ", le samedi 13 octobre 2018, environ 1.600 migrants ont commencé leur voyage dans le but d'atteindre les États-Unis. Quand ils ont atteint la frontière entre le Honduras et le Guatemala, ils étaient environ 4.000. Au fil des jours, les membres de la caravane comptaient environ 7.000 personnes, dont des Guatémaltèques et des Salvadoriens.
 
La migration hondurienne vers les États-Unis n'a rien de nouveau, puisque chaque jour quelque 400 Honduriens quittent leur pays de manière irrégulière, mais jamais auparavant une caravane de migrants aussi massive n'avait été vue.
 
Le rêve de ceux qui composent la caravane est le même que celui de tous ceux qui quittent quotidiennement le Honduras : arriver aux Etats-Unis, cette terre promise où ils attendent travail, santé et bien-être. Et ce, sans craindre le président Donald Trump, extrêmement sévère à l'égard de l'immigration clandestine. La plupart semblent être motivés par une sorte de foi aveugle née du désespoir : la conviction que c'est leur meilleure chance d'échapper aux difficultés de leur pays pour se construire une vie meilleure. 
 
Selon les données de la Banque mondiale, le Honduras maintient la moyenne d'extrême pauvreté la plus élevée de la région d'Amérique centrale. Selon l'agence financière, ce pays affiche un taux moyen de 60,9% de la population vivant dans la pauvreté. Et un Hondurien sur cinq vit dans une pauvreté extrême.
 
La caravane des migrants s'est formée dans la ville la plus violente du monde, San Pedro Sula, avec un taux d'homicide de 142 pour 100 000 habitants.
Le lundi 15 octobre, les membres de la caravane ont franchi la frontière du Guatemala. Le jeudi 18 octobre, ils sont arrivés à Guatemala City. On estime que 5.000 migrants ont passé la nuit à Guatemala City. Le vendredi 19 octobre, la caravane est arrivée à la frontière avec le Mexique.
Le gouvernement hondurien accuse Bartolo Fuentes, journaliste et ancien membre du Parti libre de gauche, d'inciter la Caravane à des fins politiques. Pour sa part, Fuentes a accusé le gouvernement de chercher des boucs émissaires pour ne pas reconnaître que le Honduras vit une tragédie humaine.
 
Le 15 octobre, à Esquipulas, Bartolo Fuentes a été arrêté par les autorités guatémaltèques. Il a été détenu pendant 72 heures, puis déporté à Tegucigalpa. Il est actuellement en exil alors que le gouvernement cherche à l'emprisonner.
 
Ce que l'on ne peut nier, c'est que cette caravane massive de migrants a attiré l'attention du monde sur les problèmes structurels du Honduras. 
 
Trump a exigé que Hernandez arrête la caravane, même si les migrants étaient déjà au Guatemala. Malgré cela, le président américain a menacé de supprimer l'aide économique au Honduras s'ils n'arrêtaient pas la caravane.
 
Apparemment, cela a provoqué la panique au sein du gouvernement hondurien. Le président Juan Orlando Hernandez, pour flatter son employeur Donald Trump, a fait remarquer qu'il était financé par le Venezuela pour contester la souveraineté des États-Unis. Puis ils ont dit que c'était financé par le milliardaire américain George Soros. Mais tous ces mensonges sont tombés à l’eau.
 
 
Passage au Mexique après avoir traversé le Guatemala
Le vendredi 19 octobre, en arrivant au pont qui sépare le Guatemala du Mexique, la caravane s'est heurtée à une clôture et des éléments de la police fédérale mexicaine l’a arrêtée. Il y a eu des moments de tension et d'agitation. La police a lancé des gaz lacrymogènes et les migrants des pierres.
 
Cependant, après des heures de lutte, les migrants ont réussi à démolir les clôtures et à entrer dans le pays. Ils marchaient à un rythme régulier et très rapide. Même s'il y avait des enfants, des personnes âgées et des personnes en fauteuil roulant ou avec des béquilles.
 
Une partie des migrants est restée sur le pont pour chercher refuge au Mexique. Ils ont dû rester là pendant de nombreuses heures et souffrir de la terrible chaleur. Ils ont dormi deux nuits sur l'asphalte, dehors. Ils n'avaient pas accès à l'eau courante ni aux toilettes. Certaines souffraient de diarrhée et d'autres femmes s'évanouissaient.
 
Les autres ont continué leur long voyage à travers le Mexique en se reposant dans quelques villes et villages où la population, les organisations, les autorités municipales et l'Église catholique leur ont donné du soutien, comme de la nourriture, de l'eau, des vêtements, des soins médicaux et des espaces pour se reposer et dormir. 
 
Mardi 23 octobre, sur la route Tapachula - Huixtla, un Hondurien de 25 ans, membre de la caravane, a perdu la vie après être tombé d'un véhicule en mouvement. Deux jours plus tôt, le 21 octobre, au Guatemala, un autre migrant est mort dans les mêmes conditions.
 
Le même jour, des travailleurs de la municipalité de Huixtla ont pulvérisé de l'insecticide sur les membres de la caravane. Or il existe un protocole afin d’éviter de toucher des gens ou de la nourriture.
 
Le 24 octobre, alors que la caravane avance, le président américain Donald Trump a déclaré que son pays n'acceptera jamais ceux qui entrent illégalement sur son territoire. Il a également annoncé l'envoi de 800 soldats à la frontière pour appuyer la patrouille frontalière avant l'arrivée de la caravane. 
 
Le samedi 3 novembre, la caravane est entrée dans l'état de Veracruz. Le même jour, le gouverneur de cet État, Miguel Angel Yunes, a offert 150 autobus pour que la caravane se rende à Mexico. Cependant, deux heures plus tard, il a retiré son offre.
 
Biens accueillis à Mexico
Les membres de la caravane ont continué à marcher et le mardi 6 novembre, ils sont arrivés à Mexico où ils ont été logés dans le complexe sportif Magdalena Mixhuca, où les autorités ont installé des tentes pour les accueillir.
 
De nombreuses organisations civiles, les autorités de Mexico, les congrégations religieuses, l'archidiocèse et Caritas ont offert divers services à la caravane des migrants, tels que des informations sur les demandes d'hébergement, des appels gratuits aux membres des familles, des jeux pour enfants, des soins médicaux, des aliments, des médicaments et des vêtements. 
En l'absence de consensus sur la voie à suivre, une assemblée s'est tenue, qui a abordé plusieurs points, tels que le processus d'asile aux États-Unis. Comme la plupart persistaient dans l'idée de venir aux États-Unis, les organisateurs ont appelé à l'unité. 
 
Ce même mardi 6 novembre, une nouvelle accusation contre le gouvernement de Juan Orlando Hernandez est apparue, et cette fois de son tuteur, le gouvernement américain. Donald Trump, président des États-Unis, a déclaré dans un discours public que son pays verse des centaines de millions de dollars au Honduras et qu'il est très probable qu'il soit volé parce qu'il ne voit pas de résultats tangibles pour arrêter la migration.
 
Le vendredi 9 novembre, l'ordonnance du président Trump interdisant les demandes d'asile aux migrants entrant illégalement aux États-Unis par la frontière sud est devenue officielle. 
 
La caravane est restée une semaine à Mexico. Mais le lundi 12 novembre, environ 4.000 personnes sont arrivées à l'auditorium Benito Juarez à Guadalajara, Jalisco. L'ONU a estimé qu'au début, la colonne humaine était composée de 7.000 migrants, mais au cours du voyage, elle a été divisée et un nombre important d'entre eux ont demandé l'asile au Mexique ou ont abandonné et demandé le retour volontaire dans leur pays. 
 
Aux petites heures du jeudi 15 novembre, la caravane a commencé à arriver à Tijuana à bord d'autobus fournis par les différents gouvernements des États par lesquels ils passaient. Ils ont dû parcourir plus de 4.300 km et plus d'un mois pour atteindre ce poste frontière. 
 
Les migrants se sont concentrés dans le centre sportif de Benito Juárez, à quelques pas de la frontière internationale. Les familles avec de jeunes enfants dorment sur des matelas dans un gymnase couvert. D'autres, au ras du sol dans d'immenses tentes blanches ou dans des tentes qui leur ont été données. Il y en a beaucoup qui dorment sous le plastique ou directement à l'extérieur. Il n'y a plus de place dans les auberges.  D'ici quelques jours, au moins 2.000 migrants supplémentaires s'ajouteront, qui sont déjà proches de Tijuana.
 
Des incidents se sont produits qui montrent que certains habitants de Tijuana ne les acceptent pas sur leur territoire. Il y a eu des manifestations de racisme, de discrimination et de xénophobie. Ils vous crient dessus ! Des chiens ! Ils meurent de faim ! Rentrez dans votre pays ! La première nuit, alors qu'ils dormaient dans le gymnase, un groupe de personnes a jeté des pierres sur le toit de tôle et a crié qu'on ne voulait pas d'eux dans la ville. Ce rejet est dû à la crainte que les migrants ne prennent les emplois à la population locale et que l'insécurité ne s'accroisse dans la région.
 
Les migrants peuvent rester ici longtemps. Tout dépendra de la rapidité avec laquelle les États-Unis recevront et analyseront les demandes d'asile.  
 
 
UNE DEUXIÈME CARAVANE HONDURIENNE
 
Le succès de la première caravane a inspiré d'autres migrants à s'organiser pour voyager en grands groupes. Cela renverse la logique établie de longue date de la migration centraméricaine vers les États-Unis : au lieu d'essayer de se déplacer sans être détectés, certains migrants ont décidé de sacrifier l'invisibilité pour la sécurité des voyages en groupe.
 
Mardi 16 octobre, une autre caravane de plus de 1.000 Honduriens a quitté le Honduras dans l'espoir de rattraper la première. Quand elle est partie, elle comptait 350 voyageurs, mais au moment où elle a franchi la frontière du Guatemala, elle en comptait environ 1.500.
 
Le 17 octobre, le gouvernement hondurien a fermé le passage frontalier avec le Guatemala pour empêcher d'autres personnes de rejoindre cette "caravane de migrants". Des membres de la police nationale et de l'armée ont monté la garde à la frontière pour empêcher cette caravane d'entrer au Guatemala. 
 
Le Honduras a rouvert le poste frontière le mardi 23 octobre et les 1.500 migrants honduriens sont passés sous le contrôle de la police hondurienne.
 
Mais plus tard, ils sont tombés sur un poste de contrôle guatémaltèque, composé d'agents de la Police nationale civile et de l'armée, afin de dissuader les 1.500 marcheurs de rentrer dans leur pays. Mais les migrants ont également réussi à échapper à ce point de contrôle après avoir parlé aux autorités.
 
Les migrants ont suivi la marche pour traverser le territoire guatémaltèque. Ils sont arrivés dans la capitale du Guatemala le mercredi 24 octobre. Le jeudi 25 octobre, ils sont partis pour la frontière avec le Mexique. 
 
Vers midi le dimanche 28 octobre, quelque deux mille migrants se sont rassemblés à l'entrée du pont frontalier. Ils y ont trouvé une clôture qui délimite la frontière du territoire guatémaltèque.
 
Passage en force de la frontière Guatemala/Mexique
Devant la clôture, des dizaines de policiers guatémaltèques, équipés de matériel anti-émeute, leur ont barré la route. Les migrants, pour la plupart des jeunes hommes, ont affronté les uniformes. La police guatémaltèque a attaqué avec des gaz lacrymogènes et les migrants ont répondu avec des bâtons et des pierres. Finalement, les migrants ont réussi à abattre la clôture et à traverser le pont frontalier, jusqu'à ce qu'ils atteignent la porte d'entrée du Mexique.  
 
Cependant, ils n'ont pas pu passer parce qu'ils ont été retenus par des clôtures placées par le gouvernement mexicain. Ici aussi, les migrants ont jeté des pierres et d'autres objets sur la police mexicaine, et les policiers mexicains ont répondu avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.
 
Le résultat de cette lutte a été la mort d'un garçon hondurien de 26 ans, plusieurs blessés et d'autres étouffés par le gaz.
 
C'est à ce moment que le gouvernement mexicain annonce le projet "Vous êtes chez vous" : accorder le statut de réfugié aux migrants de la caravane à condition de rester dans les états du Chiapas et du Oaxaca. Mais en réponse, les migrants ont déclaré que cela ne correspondait pas répondait pas à leurs attentes et au motif de leur exode. Ils ont exigé la liberté de circulation sur le territoire.
 
Le lundi 29 octobre, les membres de la caravane ont formé une chaîne humaine et ont traversé à pied la rivière Suchiate. Ils ont poursuivi leur marche et, le lundi soir 12 novembre, ils sont arrivés à Mexico et ont été logés dans la Cité sportive de la Magdalena Mixhuca, où les autorités de plusieurs mairies et organisations civiles et religieuses ont commencé à s'intéresser. 
 
Ils y sont restés quatre jours et le vendredi 16 novembre, à cinq heures du matin, ils sont partis pour Guadalajara.  Après avoir passé une journée à Querétaro, ils sont arrivés à Irapuato, Guanajuato, très tôt le dimanche 18 novembre.
 
LA CARAVANE SALVADORIENNE
 
Il s'agit d'une caravane formée par quelque 600 migrants qui sont partis, le dimanche 28 octobre, de la Plaza Salvador del Mundo, dans la capitale salvadorienne, en route vers les États-Unis.
 
La caravane est composée de mineurs, de femmes, de jeunes et d'adultes. Pendant son séjour au Guatemala, un de ses membres est décédé des suites de problèmes respiratoires. Selon certaines sources, cette caravane serait composée de 2.000 membres au 31 octobre.
 
Le vendredi 2 novembre à 4 heures du matin, cette caravane a atteint la porte qui protège l'entrée du pont sur le fleuve Suchiate, au Guatemala, avec l'intention de passer en territoire mexicain. 
 
Un représentant de la caravane a contacté le consul d'El Salvador pour lui demander d'intercéder afin que la caravane puisse traverser ensemble et ne pas être séparée en groupes, comme le souhaitaient les autorités guatémaltèques. Deux heures plus tard, le consul a pris le haut-parleur pour dire que les portes seraient ouvertes au passage, à condition que le groupe garde le calme.  
 
En arrivant du côté mexicain, la caravane a trouvé le portail fermé et gardé par la police mexicaine. Un délégué de l'autorité de l'immigration de ce pays a pris la parole pour indiquer que " le Mexique n'est pas un pays de transit " et que toute personne qui entre doit s'enregistrer et demander un refuge de 45 jours.
 
Ils ont insisté sur le fait qu'ils ne veulent pas recevoir les documents de réfugiés mais qu'ils veulent seulement qu'on leur permette de passer librement la frontière américaine. Le délégué mexicain a expliqué qu'il n'y a pas de libre transit dans son pays. Les Salvadoriens ont refusé d'accepter les conditions. Et à 11 heures du matin, ils traversèrent la rivière Suchiate. 
 
Ils ont poursuivi leur voyage jusqu'au lundi 13 novembre, tôt le matin, lorsqu'ils sont arrivés dans l'état de Veracruz. Alejandro Solalinde, prêtre et militant, s'est joint à ce contingent de 1.800 personnes et a lancé une campagne de collecte de fonds pour la location d'autobus pour le transport des migrants à Mexico City.
 
Les 1.800 migrants, pour la plupart salvadoriens, sont arrivés à Mexico tôt le mercredi 14 novembre, à bord de 19 autobus et ont été hébergés dans le Deportivo Magdalena Mixhuca. 
 
Le samedi 17 novembre, un contingent d'environ 600 personnes a quitté Mexico pour tenter de rejoindre la deuxième caravane des Honduriens, qui a quitté Querétaro ce jour-là pour Guanajuato.
 
Les 650 migrants salvadoriens qui restent dans la ville sportive de Magdalena Mixhuca seront réinstallés. Ce petit groupe apprécie l'offre du père Alejandro Solalinde d'établir un pont aérien Mexique-Canada afin de chercher un emploi et la sécurité dans ce pays.
 
CONCLUSIONS
 
Ces marches ayant comme objectif d'atteindre la frontière avec les États-Unis ont créé un précédent très clair : fuir en masse, sur des routes qui leur étaient auparavant interdites, est le moyen le plus sûr de traverser un des pays les plus dangereux d'Amérique latine : le Mexique.
 
Les images de cette migration massive montrent l’efficacité de voyager en grands groupes. Les femmes se sentent suffisamment en sécurité pour porter leurs enfants. Dans les rivières aux forts courants, les gens forment des chaînes humaines pour les traverser, faisant de la réalité le dicton "L'unité fait la force". Voyager en grands groupes leur donne le courage de tenir tête aux autorités qui tentent de les interdire.
 
Ensemble, le voyage est également moins cher. En voyageant en groupe, les migrants peuvent éviter la structure des coyotajes et du crime organisé, qui depuis des années contrôlent le voyage en faisant payer des milliers de dollars. En cours de route, les groupes ont également reçu beaucoup de soutien de la part des gouvernements, des organisations de la société civile, de l'Église catholique et des citoyens. Ces caravanes ont fait émerger un sentiment de solidarité, même s'il y a de petits groupes à Tijuana qui les rejettent.
 
Ces caravanes ont marqué profondément la réalité de la région nord de l'Amérique centrale, où des centaines de milliers de personnes ont fui ces dernières années pour échapper à la violence et à la répression politique, ainsi qu'à la pauvreté due au chômage, à la sécheresse et aux problèmes de récolte.
 
Les femmes d'Amérique centrale ont dévoilé la réalité de leur pays et surtout, l'inefficacité et la corruption de leurs gouvernements. Sans présent et sans avenir dans leur pays, des milliers de Centraméricains ont décidé de partir à la recherche d'une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs proches ou, dans de nombreux cas, de partir simplement à la recherche de la vie.
 
Le fait que le président Trump ait resserré les lois sur l'immigration et qu'en dépit de ses messages agressifs contre ces caravanes, elles ne se sont pas arrêtées et sont arrivées à Tijuana, et qu'elles sont prêtes à se battre jusqu'à leur entrée aux États-Unis, montre que l'obstination des pauvres est plus forte que les menaces des empereurs et est capable de détruire tous murs.
 
 
 
 
 
 
 

Scheut pendant la guerre 14-18 - par webMaster le 09/11/2018 @ 20:21

 
 
 
 
127 SCHEUTISTES PARMI LES « POILUS » DE 1914-1918 : 14 tués
 
Frans Maes, est tué le 11 novembre au matin à Semmerzake en voulant ramener un soldat à l’abri.
 
 
    Cinquante ans après la création de leur Institut,  les 630 scheutistes dispersés dans le monde décident une « réunion de cœur » le 24 octobre à la maison-mère de Scheut pour célébrer leur jubilé. Mais la guerre passe par là. Pour ne pas être réquisitionnés par les Allemands, tous les jeunes étudiants fuient par des chemins de traverse aux Pays-Bas et  rejoignent l'Angleterre. Le service militaire obligatoire n’existait pas encore en Belgique. 
 
    En octobre 1914, ils se retrouvent à Stamford Hill (Londres) avec leurs professeurs dans une maison de retraites que les Dames du Cénacle ont libérée. La vie studieuse reprend son cours. Plusieurs seront ordonnés et certains rejoindront les missions du Congo. Londres devient le quartier général de la Congrégation, le père Florent Mortier étant le Supérieur Général. 
    Le 24 octobre 1914 des festivités sont organisées à Stamford Hill qui réunissent de nombreux supérieurs et des admirateurs qui exaltent l’œuvre de la Congrégation. Un missionnaire est supposé plus fort que le monde qui le combat et capable de se placer plus haut que toutes les épreuves. Eh bien, les Pères de Scheut ont montré qu'ils font tout cela affirme un grand journal de Londres.
    En juillet 1915 le gouvernement belge mobilise.  Tous les jeunes cicm partent pour le camp d'Anvours, près du Mans en France, pour leur formation d'ambulanciers et de brancardiers. Ils sont 127. Parmi eux il y a un jeune liégeois, Maurice Sérulier, qui vient d'être ordonné à Londres. Il meurt dans un accident ferroviaire à Yvré-l'Évêque le 13 octobre 1915 a 24 ans.
   
    En 1916, tous sont au front. 14 seront tués et 27 blessés plus ou moins grièvement, 5 seront faits prisonniers en Allemagne. En 1916 la Congrégation acquiert une maison au Tréport près d’Abbeville en France, afin d'accueillir ceux qui reviennent du front de l'Yser pour un congé ou pour une convalescence. C’est le P. Albert Gueluy, né à Anvaing qui en sera le responsable. Il avait été ordonné prêtre à 1872 et était parti en Chine cinq ans plus tard. Revenu en 1887, il part en pionnier avec la première équipe qui va au Congo. Un an plus tard. Il en reviendra gravement malade. 
     
En 1915 il est assistant du Supérieur Général, et passant par les Pays-Bas il rejoint les confrères en Angleterre, puis en France. Il s'installe à Anvours pour accompagner les jeunes qui se préparent à rejoindre le front, avant d’aller au Tréport. A l'armistice, en 1918, il rentre en Belgique avec les confrères soldats. Ayant ainsi bourlingué, il mourut quand même paisiblement à Scheut le 22 décembre 1924. Des types comm'ça, y en a pas beaucoup notera un confrère.
     
Deux mois avant la fin de la guerre, sept scheutistes seront encore tués : Gaston Devel, Herman Chielens, Karel Rathé, près de Roeselare, Gervais Toussaint, Jan Cops. Jozef Tirzen perdra la vie le 1° novembre à Zomergem et Frans Maes, le 11 novembre au matin à Semmerzake en voulant ramener un soldat à l’abri.
 
Il est inutile de dire qu’après avoir vécu la solidarité, la promiscuité et la boue des tranchées, ainsi que le danger permanent, le retour au séminaire ne fut pas des plus faciles : discipline des horaires, port de la soutane, silence dans les couloirs et rigueur des cours… !
 
 
 
 
 
 
 

Canonisation Mgr Romero 14 octobre - par webMaster le 20/09/2018 @ 12:42

 
 
 
MONSEIGNEUR ROMERO : PROPHÈTE ET MARTYR D'AMÉRIQUE
Canonisé dimanche 14 octobre à Rome
 
Oscar Arnulfo Romero y Galdámez est né à Ciudad Barrios, département de San Miguel, République du Salvador le 15 août 1917. Son père était télégraphiste et sa mère femme au foyer. Tout jeune, il comme l'apprentissage de la menuiserie, mais à treize ans, il entre au petit séminaire de San Miguel puis au grand séminaire de San José de la Montaña à San Salvador. En 1937, il est envoyé à Rome pour compléter sa formation sacerdotale.
Ordonné prêtre à l'âge de 25 ans à Rome en 1942, il était extrêmement charitable et dévoué. Il n’acceptait pas de cadeaux dont il n'avait pas besoin pour sa vie personnelle. Par exemple, un lit bien confortable qu'un groupe de dames lui avait offert : il l’a donné à quelqu’un qui en avait besoin et a continué à occuper un lit très simple.
 
Le 25 avril 1970, il est ordonné évêque auxiliaire de San Salvador et le 15 octobre 1974 il est nommé évêque titulaire du diocèse de Santiago de María. 
En juin 1975, c’est massacre dit de "Las Tres Calles" dans son diocèse : des paysans qui revenaient d’une cérémonie religieuse ont été assassinés sans aucune pitié et il y avait des enfants innocents. Le rapport officiel a parlé de personnes subversives présumées armées, mais les "armes" en question n'étaient rien d’autre que des Bibles que les paysans portaient sous leurs bras. À cette époque, les prêtres du diocèse demandèrent à Monseigneur Romero dénoncer publiquement ces assassinats et de les attribuer à l’armée, ce qui était vrai. 
Mais ce que Mgr Romero ne comprenait pas à l'époque, c’est que derrière les autorités civiles et militaires et derrière le Président de la République lui-même - un ami personnel - il y avait une structure de terreur qui éliminait tous ceux qui refusaient la domination du pays par les secteurs les plus riches. À cette époque, Mgr Romero, avait encore innocemment confiance au gouvernement. Mais peu à peu, il a commencé à comprendre la dure réalité de l'injustice et à réagir.
 
C’est dans ce climat d'injustice, de violence et de terreur que Mgr Romero a été nommé Archevêque de San Salvador le 3 février 1977. Le mois suivant, le Père Rutilio Grande est assassiné à Aguilares avec deux paysans. C’était un prêtre profondément croyant, engagé avec son peuple et ami de Mgr Romero. Cette mort le marqua profondément. Après cet assassinat, d'autres prêtres et laïcs engagés furent également été assassinés.
 
Face à cette situation, Mgr Romero réagit violemment et devint ardent défenseur des droits humains, en particulier ceux des plus démunis. C’est ce qui l'a conduit à dénoncer régulièrement la violence et devenir ainsi la voix des sans-voix, le berger du troupeau que Dieu lui avait confié, particulièrement les pauvres et les marginalisés. 
Dans ses homélies dominicales, il dénonçait les violations des droits de l'homme et exprimait publiquement sa solidarité avec les victimes de violences. Dans son église, il lisait les événements du pays à la lumière de l'Évangile, c’était comme une lueur d’espérance en vue de changer les structures de terreur qui régnaient dans le pays. 
 
Suite à ces dénonciations, il dut faire face à de vastes campagnes d’opposition, ce qui le faisait souffrir. Chaque jour, des journaux publiaient des éditoriaux ou autres articles payant dans lesquels lui et ses prêtres étaient insultés, calomniés et leur intégrité physique menacée.
 
Le 9 mars 1980, dans la Basilique du Sacré-Cœur de Jésus, une mallette noire est découverte sous le maître-autel. Une bombe constituée de barres de dynamite commerciale qui devait être activée lorsque Mgr Romero célébrerait une messe.
 
Le 23 mars 1980 dimanche des Rameaux, un jour avant sa mort, Mgr Romero prononça une homélie courageuse adressée à l'armée et à la police : appel énergique à toutes les forces armées.
 
Je voudrais faire appel, d'une manière spéciale aux militaires et plus particulièrement à la Garde nationale, la police, les militaires.... Mes frères militaires, ces gens viennent de la même ville que vous. Certains parmi vous tuent leurs propres frères paysans. Or quand quelqu’un donne l'ordre de tuer, la loi de Dieu dit : "Ne pas tuer". Aucun soldat n'est obligé d'obéir à un ordre contre la loi de Dieu. À une loi immorale, personne n'est obligé d’obéir. Il est temps pour vous de retrouver votre conscience et de lui obéir plutôt qu'à l'ordre de commettre le péché. L'Église, chargée de diffuser la Loi de Dieu et de protéger le droit de chacune des personnes, ne peut rester silencieuse face à une telle abomination. Nous voulons que le gouvernement prenne au sérieux le fait que ses réformes sont inutiles si elles sont entachées d'autant de sang. Au nom de Dieu donc, et au nom de ce peuple souffrant, dont les lamentations de plus en plus tumultueuses s'élèvent vers les cieux, je vous en supplie, je vous en supplie, je vous ordonne au nom de Dieu : cessez cette répression.
 
Le lendemain du dimanche des Rameaux, le 24 mars 1980, Mgr Romero est assassiné d'un coup de feu très précis alors qu'il célébrait l'Eucharistie dans la chapelle de l'hôpital La Divina Providencia. Un tireur d'élite caché dans voiture rouge l’a touché au cœur quelques instants avant la Consécration, il avait 62 ans. 
 
Mgr Romero vivait dans un petit appartement tout simple, transformé aujourd'hui en petit musée. Il est situé derrière la chapelle de l'hôpital Divine Providence, dédié aux soins des patients cancéreux à faible revenu.
 
C’est dans cet appartement de 4m sur 6 que, l'archevêque réfléchissait, écrivait et se reposait après ses tâches quotidiennes. Aujourd'hui, le lieu recèle les trésors laissés par l'évêque martyr : ses tuniques, ses documents, ses enregistrements et ses livres. Ce lieu est baptisé Centre Historique Monseigneur Romero.
 
Sa dépouille repose dans la crypte de la cathédrale métropolitaine de San Salvador, juste sous l'autel principal dans un mausolée qui porte son nom. Le monument funéraire est une statue en bronze qui représente le corps de Romero entouré de quatre anges qui symbolisent les quatre évangiles. Il a été offert par la Communauté de Sant'Egidio.
 
Le 24 mars 1990, la cause de canonisation de Mgr Romero a commencé. En 1994, il a reçu le titre de Serviteur de Dieu. Le 3 février 2015, il a été reconnu comme martyr pour la haine de la foi lorsque le décret de martyr a été approuvé par le pape François. Le 23 mai 2015, il a été béatifié sur la place Salvador del Mundo à San Salvador. Selon les estimations des médias catholiques, quelque 300 000 personnes de 57 pays avaient participé à cette célébration. Au Salvador, c’est la première personne élevée sur les autels. C’est également le premier archevêque martyrisé d'Amérique.
 
Le 19 mai 2018, le Pape François a annoncé qu'il serait canonisé le 14 octobre 2018 sur la place Saint-Pierre, Cité du Vatican.
P. Felipe Banegaz  cicm
 
 
 
 
 
 
 
 

DébutPrécédent [ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ] 4 pages suivantesSuivantFin