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Aussi étrange que cela paraisse, le gouvernement belge a déjà confié à plusieurs entreprises belges, le soin d'accueillir les personnes qui attendent la réponse à leur demande d'asile. Cela signifie : gestion de bâtiments, personnel, aides psychologiques et sociales, nourriture etc...

Voici des extraits de l'analyse faite par le CIRE : http://www.cire.be/publications/analyses/la-privatisation-de-l-accueil-des-demandeurs-d-asile

 

Au total, un marché de 18.500 places d’accueil a été ouvert en quelques mois. Fin octobre 2015, ce sont déjà 2.200 places qui sont attribuées à des entreprises privées qui vont gérer six centres d’accueil. En novembre 2015, Fedasil a annoncé que 1.162 places étaient déjà disponibles dans sept centres gérés par le privé

(...) En Allemagne, une entreprise gère plus de 15.000 places d’accueil dans 90 centres avec près de 900 travailleurs et la sécurité des centres est sous-traitée à des sociétés de sécurité privées. Ces dernières ont été liées à plusieurs scandales de maltraitance de candidats réfugiés. En Angleterre, trois sociétés privées gèrent des centres pour demandeurs d’asile pour un total de 23.000 places dans des conditions considérées comme insatisfaisantes. En Irlande, de nombreuses sociétés privées sont actives pour un accueil de 4.000 demandeurs d’asile répartis en 34 centres d’accueil. En Italie, les centres d’accueil (CAR) sont là aussi gérés par des compagnies privées. Ce marché de l’accueil est tellement juteux qu’il se retrouve au coeur du procès « Mafia Capitale ». Les principaux inculpés considéraient l’accueil comme la poule aux oeufs d’or.

 

(..)CONCLUSIONS

 privatisation de l’accueil des demandeurs d’asile est une réalité belge et européenne qui est le résultat de choix politiques délibérément adoptés en ce sens. Ce marché et les dérives éventuelles qu’il contient se trouvent au confluant de plusieurs enjeux politiques. D’une part, il s’agit d’une privatisation d’un des pans de l’aide sociale. Les risques de voir d’autres secteurs des politiques sociales (pension, chômage, soins de santé, activation des chômeurs…) soumises elles aussi aux lois et opérateurs du marché est désormais réel. D’autre part, c’est également un nouveau pas franchi22 vers une délégation de la gestion migratoire au profit des compagnies privées. Il est permis d’imaginer qu’à l’avenir la gestion des centres de détention ou l’examen des procédures d’asile pourraient être confiés, comme cela l’est déjà dans d’autres pays, à des opérateurs privés afin qu’ils puissent en réaliser un profit. Cette privatisation constitue aussi un nouveau recul de la sphère politique, une nouvelle expansion du marché et une exclusion supplémentaire des migrants de l’espace public. Pour finir, elle réalise une mise sur le marché de missions qui répondent avant tout à une obligation et un devoir moral.

 

 

 

 


Léopold II et les morts au Congo - par webMaster le 17/01/2016 @ 21:12

LEOPOLD II ET 10 MILLIONS DE MORTS AU CONGO : DU VRAI ET DU FAUX

Depuis quelques années, et spécialement à l’occasion de l’annulation de la cérémonie d’hommage à Léopold II au moment du 150° anniversaire de son accession au trône, les critiques les plus sévères se sont fait entendre contre l’action du roi au Congo. Plus d’une fois, des personnalités et des médias ont parlé de 10 millions de morts, certains ont même avancé le terrible terme de génocide de Léopold II au Congo ! Ce sont ces dernières affirmations qui m’ont fait réagir, et m’intéresser plus sérieusement à la question car il me semblait qu’à l’époque la population entière du Congo ne pouvait pas dépasser 10 millions d’habitants ! Voici ce que je retiens :

-          Que Léopold II n'ait pas contrôlé ses troupes au Congo, et qu'au contraire, il les ait pressées, car il avait absolument besoin d'argent à cette époque, notamment pour « construire » Bruxelles c'est une évidence prouvée historiquement.

-          Que les premiers colons au Congo étaient principalement des aventuriers, c’est certain, les lettres de plusieurs d’entre eux témoignent de la brutalité de plus d’un !

-          Que le roi ait fermé les yeux sur les exactions de bien des Belges au Congo et principalement dans les régions du caoutchouc, c’est également prouvé historiquement. Même si plus d’une fois il fait des remarques. Les anciens du Mayumbe ont entendu parler du « commandant Jacques, Kikwanga, kwanga ntu », qui a sévit dans la région bien après.

-          Que des milliers de Congolais aient été tués froidement lors de représailles contre les villages, lors de chasses aux fuyards ou en punition suite à une "faute", cela aussi est prouvé historiquement, les récits de leurs auteurs en témoignent.  

-          Qu’il y ait un certain nombre de mains tranchées sur des congolais bien vivants, les témoignages d’agents et de missionnaires protestants sont éloquents. En effet, les soldats venus de Zanzibar devaient prouver que la cartouche manquante à l’appel avait bien servi pour tuer un congolais, ils devaient rapporter sa main droite. Et lorsqu’ils rataient leur cible ou qu’ils avaient tiré un gibier, c’était leur manière de se justifier ! De plus, il semble que c’était une coutume à cette époque, de ramener « un trophée ».

-          Que des milliers de Congolais soient morts de faim, d'accident ou de noyades lors de fuites, cela aussi est fort probable.

-          Que des Blancs se soient livrés à des tortures inhumaines, séquestration d'enfants et d'épouses en vue d’obliger les Congolais à rapporter du caoutchouc, cela aussi c'est prouvé, et même, était monnaie courante à l’époque.

     Mais 10 millions de morts ? Sur quelle base affirme-t-on cela ? Combien de millions de Congolais peuplaient le Congo en 1900[1]. Stanley, lors de la descente sur le Fleuve aurait, recensé 17 millions d’habitants peu avant ! Et, le journaliste Morel cite le chiffre de 7.248.000 lors du premier recensement « officiel » de l’EIC en 1912 ! C’est ainsi que certains auteurs ont osé affirmer qu’en près de trente ans, la population congolaise aurait diminué de 10 millions, suite à l’action de Léopold II.

  La réalité, c’est que les « recensements » n’étaient que des évaluations et des extrapolations. Ainsi, Stanley, en descendant le Fleuve évalue la population qu’il voit sur les berges, ensuite, en extrapolant ce chiffre à l’ensemble du Congo, il arrive à 17 millions d’habitants, chiffre totalement farfelu ! On sait également que lors de la Conférence de Berlin Stanley a inventé une somme astronomique afin de persuader les pays de la nécessité de  contourner les cataractes grâce à un chemin de fer.

Il semble donc qu’au 19ème siècle la population congolaise était sans doute bien inférieure à 10 millions d'habitants. « À titre de comparaison, la Rhodésie du Sud (ex-Zimbabwe) voisine, dont le territoire représente près d'un quart de celui du Congo, recensait à peine un demi-million d'habitants à la même époque. L'Égypte et le Nigeria, avec plus de 100 millions d'habitants aujourd'hui, en comptaient à peine 4 millions au 19ème siècle. Avec ses forêts vierges, le Congo avait une densité de population peu élevée, comparable à celle de l'Amazonie. En explorant le Congo, Stanley a extrapolé bien à tort les populations plus nombreuses situées le long des rivières à l'ensemble du territoire, comptant celles-ci par dizaines de millions ».

Conclusions : Il est absolument impossible de chiffrer exactement le nombre de victimes de l’exploitation du Congo par Léopold II, mais que des milliers de congolais aient été froidement massacrés, c'est certain. De même pour les mutilés et torturés. Que les méthodes employées à cette époque par les Blancs étaient connues du Roi, c’est certain ; qu’il ne s’y soit pas opposé avec la vigueur voulue,  cela aussi est certain aussi.

Mais qu'on parle de génocide ou de 10 millions de morts, il faut arrêter de fabuler. Un livre récent peut nous éclairer et qui, à mes yeux a pu rassembler le plus de documents authentiques, est  celui de Daniel Vangroenweghe DU SANG SUR LES LIANES (édition revue et corrigée en 2014 par les Editions Aden/Bruxelles). La première édition en 1986 a d'ailleurs été soumise à une enquête parlementaire (l’auteur étant été accusé « d’outrage à la royauté »). Et après de nombreux débats, cette dernière conclu sur....... un non-lieu : tout est historiquement prouvé.

Ces derniers temps, heureusement, plusieurs articles très sérieux ont été publiés dans des revues tels que Le Vif Express, l’Echo, Libre Belgique etc…

Mais ce qui est vrai aussi, c’est que de nouvelles maladies ont certainement emporté des dizaines de milliers de Congolais : grippe, djiques, typhus, MST etc…, et cela, dans tout le Congo. Dans son ouvrage, l’auteur ne s’aventure pas à citer des chiffres, mais tout en donnant un nombre impressionnant de témoignages des atrocités commises, il ne nie pas que le nombre des victimes des nouvelles épidémies ait été bien supérieur au nombre de victimes des atrocités.

Je ne suis pas un ardent défenseur de l’action coloniale de Léopold II, mais pourquoi le monde entier s’est-il mobilisé contre lui en laissant de côté les atrocités commises en Afrique du Sud, en Rhodésie, au Tchad et autres colonies. C’est certainement à cause de l’horreur des « mains coupées », mais certainement aussi également par jalousie : « Comment est-ce possible que le roi d’un si petit pays puisse s’emparer d’une de la région la plus riche d’Afrique » ! Que dire également de l’extermination d’une grande partie des indiens d’Amérique du Nord, ainsi que des massacres en Amérique Centrale et du Sud ? Il ne faut pas oublier non plus que le rapport officiel de la Commission d’enquête internationale de 1904 note les nombreux apports positifs de l’action du roi : lutte anti-esclavagiste, construction de routes, de ports, d’hôpitaux, écoles, électricité etc…

Jean Peeters, cicm

 


Nouvelles de Bangui - par webMaster le 14/12/2015 @ 17:57

Une longue lettre de notre confrère Edouard Tsimba à Bangui. Responsable du grand séminaire, ce dernier est leiu de refuge pour la population chrétienne depuis le début de la guerre. Le nombre de réfugiés varie entre 2.000 et 5.000 selon que les troubles sont plus ou moins dangereux.

 

Décembre 2012- décembre 2015, trois très longues années

A la fin du mois de septembre, il n’était pas possible de se déplacer facilement dans la Capitale comme à l’intérieur du pays. Il était plus prudent pour tout le monde de rester où l’on était. De nouveau de l’insécurité et cela a augmenté vers mi-octobre. Des gens qui étaient avec nous et qui sont rentrés chez eux dans les quartiers ont commencé à revenir. Des gens que l’on avait aidé à reprendre la vie (réparation de la maison, commencer un petit commerce, s’acheter quelques biens, aider pour les frais pour l’école des enfants, acheter des médicaments pour soulager quelques uns…). Ces gens  sont de nouveau chez nous. Ils avaient de nouveau tout perdu et l’insécurité augmentait dans certains quartiers de la ville comme dans certaines villes à l’intérieur du pays. Des maisons ont été brûlées, au moins une paroisse a été complètement détruite, des blessés, de morts… Personne n’est épargnée quand il y a des balles perdues.

Alors que le nombre de déplacés (réfugiés) était descendu jusque moins de 2000 à la fin du mois d’août, maintenant, ils sont de nouveau presque 5000 personnes à se réfugier chez nous. Il y a quelques jeunes filles qui seront mères très prochainement.  Mais les pères de ces enfants ne sont plus dans le site. Depuis le mois de février, il n’y a plus chez nous ni dispensaire, ni maternité. Maintenant, nous devons nous débrouiller pour nous occuper, un peu, de tout. Il faisait un peu calme, il y avait du silence, maintenant, ce n’est plus possible. Ca me rappelle les premières semaines du mois décembre 2013. C’est presque certain que ces gens vont encore rester chez nous quelques mois. Combien ? Qui le sait ?

En attendant, et heureusement d’ailleurs, nous avions fait des limites dans la maison. Il y a un peu plus que la moitié de notre terrain qui est réservée aux réfugiés (déplacés). L’autre partie est réservée à nos jeunes et aux formateurs. Les gens essayent de respecter ces limites. Nous avons besoin d’un espace pour nous si non, impossible de travailler. Mais cela n’empêche pas certains enfants  et quelques adultes de dépasser, de temps en temps, ces limites. Que faire ? Il faut de la patience pour répéter en leur montrant beaucoup d’amour mais aussi en leur demandant de l’amour pour nous.

Les tentes reconstruites pour les déplacés sont un peu distantes de tous les bâtiments occupés par nos jeunes. Ceux-ci peuvent donc suivre les cours et avoir de l’espace nécessaire pour étudier, pour travailler manuellement, pour prier… Beaucoup de gens, la plupart malheureusement, continuent de dormir à même le sol. Beaucoup dorment encore dehors, devant les bâtiments que nous n’utilisons pas. Le poulailler, vidé dès le début, sert toujours de dortoir pour un bon nombre.

Le jardin que nous avions commencé pour les légumes a de nouveau échoué parce que c’est sur ce même terrain que les gens se retrouvent. On a encore une trentaine de chèvres. Nous devrions en avoir déjà plus qu’une centaine. Une bonne partie a été volée. La nuit, les gens prenaient quelques unes de nos chèvres, les portaient au dos comme s’ils portaient un bébé. Ainsi, ils trompaient même ceux qui parmi eux assuraient la sécurité du site. Mais parmi les « voleurs », il y avait aussi des gens de la sécurité. Ils ont été chassés depuis lors de chez nous. Même l’acheteur n’habitait pas loin de chez nous.

Les gens commencent à manquer de bois de chauffage. Je les vois maintenant se servir des rameaux de palmier pour la cuisine. Ce matin j’ai vu des gens qui cherchaient à tout prix à prendre quelques branches sèches de nos arbres. J’en ai vu d’autres qui coupaient les racines ou les écorces de quelques arbres pour les utiliser. Evidemment si cela se fait trop souvent, les arbres finiront par sécher aussi. Là quand même, je suis intervenu pour demander qu’on arrête cette pratique.

Et la faim, et la tension de l’insécurité et le fait de rester des journées entières sans rien faire ou presque, le fait de rester à garder dans les cœurs et à penser à ce qu’ils ont perdu comme membres de famille et biens, le fait de ne pas savoir comment recommencer et comment sera demain font qu’on commence à constater parmi les gens des comportements bizarres. En effet, il n’y a pas un vrai accompagnement psychologique suivi pour aider les gens à vivre ces années de tension. De temps en temps, une ONG s’improvise pour écouter les gens et les accompagner. Mais je leur demande de ne pas jouer avec la vie des gens.

Pendant qu’on prie à la chapelle, une dame entre bien respectueusement, va droit devant au premier banc et s’assied. Elle se lève après un tout petit temps. Elle continue vers l’autel et va s’assoir à la chaise réservée au célébrant principal lors des eucharisties. Un séminariste va lui demander de ne pas y rester, elle ne fait aucun problème et rentre s’assoir avec tout le monde. Puis, elle sort de la chapelle sans déranger en passant me dire à l’oreille « papa, je sors un peu, mais on va se voir. » Nous en avons quelques uns ainsi avec des comportements bizarres, mais ils ne sont pas nécessairement dangereux.

Une autre dame est convaincue qu’elle est religieuse de plusieurs Instituts à la fois. Elle est même convaincue qu’elle est chez nous pour un stage. Elle peut être dangereuse et violente. Il faut parfois lui parler avec beaucoup de fermeté. Alors, elle se calme, pour un moment. Quand il y avait encore un dispensaire, le médecin pouvait lui donner quelque chose pour la calmer pour quelques heures…

La journée comme la nuit, et cela plus fréquemment maintenant, on entend des gens de l’intérieur des tentes qu’ils habitent dire à haute voix : « il y a un esprit ici, il me fait ceci…j’ai peur, je n’en peux plus, au secours… ».  Les gens accourent vers la personne, certains se mettent à prier, d’autres rient, d’autres encore ne comprennent rien… Il m’est arrivé plus d’une fois d’aller aussi. Une seule fois, debout devant ma chambre, j’ai crié à haute voix : « Ca suffit, silence ». Quelque chose a marché, tout était redevenu calme, la personne qui a attiré les gens était en paix comme s’il n’y avait rien eu… et les gens me regardaient, moi. Je me demandais ce que je venais de faire et qui faisait que tous les regards étaient tournés vers moi…J’avais même un peu peur. Quelqu’un m’a dit «papa, tu es un prêtre, un homme de Dieu et ils (les mauvais esprits) ont peur. » Je suis allé prier tout de suite après.

Les gens viennent me réveiller la nuit. Un monsieur est en train de faire une cérémonie avec quelques petits cercueils en bois qu’il fabrique pendant la journée. Les gens semblent distinguer avec un peu de lumière des choses qui ressemblent à des crânes. Tout le monde a peur dans la tente. Je vais voir, je m’approche du monsieur et je lui demande d’arrêter. Ce qu’il fait tout de suite. Je lui demande de sortir de la tente et d’aller passer le reste de la nuit près de ceux qui assurent la sécurité. Le lendemain, je prends un peu de temps pour parler avec lui. Il me dit que ces cercueils sont pour lui comme des enveloppes pour expédier ses lettres aux autorités du pays. C’est la même personne qui m’a dit un jour qu’il avait reçu une révélation et qu’il se présentait pour enseigner le Pentateuque à ceux de nos jeunes qui viennent de commencer la première année de théologie. Après, j’ai appris que le même monsieur fabriquait aussi des avions et des véhicules, en bois, mais sans moteur et sans pneus. Dommage !

Avant-hier, vers minuit, une dame est décédée dans le site chez nous. Il fallait trouver les moyens pour son enterrement. La cotisation des gens donnait un peu moins que 30 euros. Il fallait compléter pour acheter un cercueil et payer les autres frais pour les couvertures, draps, transport pour le cimetière…. Les ONG ne s’occupent pas des morts.

Il faut réhabiliter ou construire  une douzaine d’abris (tentes) pour les déplacés ; une ONG s’en occupe. Je dois veiller à ce qu’aucune de ces tentes ne soit trop proche de nos chambres. Nous aurons alors un peu plus de calme, peut-être.

En effet, telle que la situation est actuellement, nous risquons d’avoir ces quelques milliers de gens avec nous encore pour quelques mois. J’espère qu’ils pourront fêter Noël 2016 et le nouvel an 2017 chez eux. Pour cette année, ils seront encore chez nous. Ca sera leur troisième Noël et nouvel an avec nous.

Le Saint Père est venu pour sa visite pastorale du 29 au 30 novembre. Beaucoup de préparations. Il y avait aussi un grand dispositif de sécurité ! Tout s’est bien passé, heureusement. Il a semé des paroles de paix, de réconciliation et de justice. Il a semé amour et vie pour tous parce que c’est possible, parce qu’on est tous frères et sœurs. On va voir maintenant en quelle terre est tombée sa parole. Aujourd’hui, il y a referendum pour les nouvelles Constitutions du pays. Il y a eu beaucoup coups de feu et de canons depuis très tôt ce matin.

C’est le temps de l’Avent et puis c’est Noël. C’est le temps de la conversion puis d’accueil de la Parole. C’est chacun et nous tous qui sommes invités à travailler pour la justice et pour la paix. C’est certain qu’il y a des pas dans ce sens que beaucoup essayent de faire, mais la route à faire reste très longue. Et cela, pas seulement ici chez nous, mais un peu partout dans le monde. C’est un peu partout que les gens aspirent à vivre dans la paix.

Cette année, nous avons 51 jeunes qui suivent leur formation dans la maison. Trente six parmi eux résident dans la maison. On essaye de les aider, à les accompagner à devenir de bons pasteurs. Pour cela, ils doivent devenir de grands amoureux de la Parole de Dieu, de grands amoureux de Jésus Christ, avec une grande passion pour les gens qui leur seront confiés. Quelques milliers leur sont confiés dès maintenant.

Enfin, parmi les formateurs, il y a un confrère scheutiste.

Cela me donne joie,  force et courage.
Un très grand merci pour vos prières et pour votre aide pendant ces 3 longues années. Sans cela ces années auraient été encore plus longues et plus dures.

J’ai commencé à écrire ces infos début décembre. Mais une forte crise de malaria (paludisme) m’a beaucoup fatigué et m’a cloué au lit pendant quelques jours. C’est seulement depuis quelques jours que je me sens de nouveau un peu mieux et que je commence à travailler normalement. Eh oui, le corps a des limites et on doit les accepter.

Joyeuse fête de Noël, bonne fin d’année 2015 et  heureuse année 2015, avec beaucoup de paix, chaque jour.

Merci, merci de tout cœur, pour ce que vous êtes et pour tout ce que vous faites. Que Dieu vous bénisse. Qu’il vous comble de bienfaits pour la nouvelle année.

Courage et je vous promets mes humbles prières. Nous espérons toujours que demain sera un peu mieux qu’hier et aujourd’hui.

Alors, on continue avec espoir.

Unis dans la prière.

Pendant que je termine ces informations, il y a des coups feu et de canon et les gens, et nous tous, nous avons peur… C’est trop. Pourvu que cela ne dure pas, pourvu qu’il n’y ait pas de sang qui coule encore… Je me presse d’envoyer ce message parce qu’on ne sait jamais si la connexion Internet va s’arrêter après.

 

Edouard Tsimba,

 

 

 




 

 

 

Bonne nouvelle pour Edouard Tsimba au grand séminaire de Bangui: le P. Manu Tsasa qui était en Afrique du Sud est à présent avec lui au séminaire. Il a été nommé animateur spirituel pour les étudiants. C'est depuis la fin du mois d'octobre qu'il a rejoint Bangui.

Mais la situation ne s'améliore pas du tout. Actuellement, il y aurait près de 5000 personnes réfugiées au séminaire. De nombreuses familles ont perdu leur maison, détruite lors de combats, et les ONG diminuent de plus en plus leur aide.

 

 

 

 

 

 

 


Scheut en 2016 - par webMaster le 17/11/2015 @ 18:50

Un  Communiqué du Père Provincial

Scheut anno 2016 :

 

Dans l’institut nous sommes actuellement 870 Scheutistes. Beaucoup continuent la mission à travers le monde et appartiennent chacun à une « province religieuse ». 165 appartiennent à la province BNL, Belgique-Pays-Bas. C’est environ un tiers de l’institut. Le plus âgé de notre province a 101 ans, et le plus jeune, d’origine congolaise, en a 41. Le plus grand groupe a entre 70 et 90 ans.

 

Y a-t-il encore des jeunes qui se présentent pour devenir missionnaires ?

 

Pas en Europe. Dans l’hémisphère sud, oui. Les missionnaires belges scheutistes disparaissent tout doucement. Est-ce regrettable ? Peut-être bien. Mais peut-être pas. Une famille ne disparaît pas lorsque père et mère décèdent : c’est ainsi aussi que la mission continue même si les missionnaires scheutistes originaires d’Europe disparaissent. Être père ou mère n’est pas un but en soi. Être missionnaire scheutiste non plus. Aujourd’hui aussi la famille est vécue d’une tout autre façon qu’il y a une centaine d’années. De même la mission, comme réponse au défi du monde d’aujourd’hui qui a fort changé, peut être très différente. De toute façon la vie du monde continue.

 

La mission au service du monde.

Parfois nous avons l’impression que le monde tourne fou. Beaucoup de gens perdent le nord et sont victimes de cette vie folle. C’est souvent en lien avec une perte de relations humaines vivifiantes et une perte du sens de la vie. C’est pour cela qu’une soixantaine de Scheutistes en Belgique est toujours active dans la pastorale.

Certains se donnent corps et âme au service des prisonniers, des sans-logis, des immigrés, des anciens détenus, des gens socialement et psychiquement vulnérables, des enfants et des jeunes. Six confrères congolais travaillent comme pasteurs dans des paroisses. D’autres encore sont aumôniers dans des maisons de repos ou de soins. Plusieurs confrères sont engagés dans Justice et Paix, Amnesty International, Pax Christi, des comités pour l’aide aux pays en voie de développement, ou alors pour l’amélioration de notre milieu de vie. C’est ainsi qu’ils vivent leur mission. Ils s’engagent dans la construction d’un monde meilleur, où justice et solidarité, égalité et empathie sont les maîtres mots. C’est pour nous une fenêtre ouverte sur le monde.

 

La mission intérieure.

200 missionnaires retraités habitent dans différentes communautés. Les communautés de Zuun et de Torhout sont dans des maisons de soins où demeurent 60 confrères. De nombreux laïcs sont engagés au service de nos confrères et permettent une vie de qualité en leurs vieux jours. Ces confrères restent marqués par la vie qu’ils ont menée à travers le monde, et restent en communion profonde avec leur pays d’adoption. Ils mènent une vie de prière au service de la mission. Ils sont devenus de plus en plus dépendants mais en même temps aussi plus libres : plus d’obligations à accomplir coûte que coûte. Ils puisent leurs forces dans l’attachement  à un groupe et à ce passé missionnaire qui a donné sens à leur vie.

L’engagement qu’ils avaient au service de leur entourage dans leur mission, doit se vivre maintenant ici dans leur communauté, tout en gardant les yeux ouverts sur ce qui se passe à l’extérieur, dans le monde. Donner sens à ses vieux jours est aussi un défi missionnaire. Ce n’est pas toujours « super » ou « cool ». Il y a des jours de peine et de solitude, mais tout cela trouve place dans leur vie. Toute leur vie ils ont donné sens à ce qu’ils faisaient et cela leur a acquis une confiance fondamentale et une grande reconnaissance. C’est dans cette vie concrète d’aujourd’hui que Dieu trouve sa place. Ce n’est plus l’extérieur qui compte mais l’intérieur, les racines, la profondeur. Voilà la mission à l’intérieur. C’est encore un défi à relever.

 

Quels sont nos moyens ?

Comme des pères et mères responsables, nous avons des confrères économes et gestionnaires, dans le passé et maintenant, qui ont pu offrir des fonds financiers et structurels solides. Sans salaire mirobolant, sans parachute doré, sans avantages matériels ils sont le conseil d’administration alternatif. Ils cherchent à équilibrer les dépenses et les entrées qui proviennent des pensions, de donations et d’héritages. Ils cherchent à ce que les investissements génèrent ce dont nous aurons besoin pour le futur. Tout cela doit aussi être en lien aussi avec notre propre comportement vis-à-vis de nos besoins personnels, l’argent, nos avoir personnels. Nos biens sont mis en commun parce que l’argent et l’économie ne sont pas un but en soi mais un moyen pour rester libre et au service des autres. On peut aussi devenir riches en partageant. C’est une autre façon de vivre afin que le riche soutienne le plus pauvre et celui qui est dans le besoin trouve ce qu’il lui faut. C’est un idéal et un défi pour chacun de nous qui voulons nous laisser inspirer par l’Évangile.

 

Nous avançons en âge, oui,…

mais nous sommes loin d’être tous décédés. Il y a ceux qui prennent la relève et après eux il y en aura d’autres. Nous pouvons déjà mentionner les six confrères congolais actifs en Belgique. Trois autres confrères : un Brésilien, un Camerounais et un Indonésien  commenceront très prochainement une communauté dans la banlieue anversoise.

Même si beaucoup de nos maisons et de nos communautés vont tout doucement disparaître, la mission, comme réponse aux défis de notre monde d’aujourd’hui, continue. Il suffit d’un peu de levain pour que toute la pâte lève. Le levain n’est pas un but en soi, il sert à mettre en mouvement et suscite de résultats appréciables.

 

Jan Reynebeau, supérieur provincial de BNL

 

 

 

 


Commines en Mission - par webMaster le 08/10/2015 @ 20:39

Il y a deux ans, le comité missionnaire de Commines organisait une grande expo missionnaire lors de la journée missionnaire. Cette année, une action spéciale est encore organisée ce dimanche 18 octobre, journée universelle de la Mission; Pour visionner l'expo de 2013, taper "Commines en Mission" dans youtube, ou allez directement à l'adresse : https://www.youtube.com/watch?v=qo3y3aJnp18

 

 

Je reviens d'une courte visite au parc situé devant l'office des étrangers à Bruxelles. C'est devant la gare du Nord, tout près du Bd Albert I là où débute les grandes manifestations.

C'est un grand parc aménagé avec des lieux de jeux pour les enfants. En arrivant, j'étais totalement ébahi, car je ne le reconnaissais pas : tout cet immense espace occupé par plus d'une centaines de tentes. Des grandes tentes de 10 ou 20 personnes, d'autres plus petites, comme on trouve dans les campings.

Une propreté exemplaire, pas un papier à terre, des poubelles organisée, toutes les tentes sont numérotées en grand, très calme. De très nombreux bénévoles qui donnent des indications, qui veillent à la propreté. Plusieurs stands soit pour inscription, soit pour courrier, soit pour renseignements, connexion wifi affichée, enfants qui jouent encadrés etc.... Vraiment impressionnant par la quantité de personnes !

J'ai même vu quelques gars SDF qui dorment tout près d'habitude. Eux aussi se sont engagés comme bénévoles !

Leur avenir ?

- ils doivent s'inscrire, puis sont convoqués quelques jours après (5 à 10 jours)

- 1° entretient, ils déposent leur candidature, empreinte digitale etc.... et attendent la réponse : 1 ou 2 semaines ???

- si la réponse est positive (acceptable, raisonnable), ils doivent se rendre dans un centre et nourris logés en attendant la décision définitive : 3 - 5 mois.

- si la réponse est négative, ils reçoivent l'ordre de quitter le territoire et une petite aide financière s'il quittent volontairement

- quand ils sont dans le centre, après des mois, ils reçoivent la réponse définitive :

        - si c'est négatif, ils doivent quitter le territoire. Peuvent faire appel, mais 1 seule fois, et c'est difficile

        - si c'est positif, ils auront une carte d'identité pour 5 ans, mais se retrouvent comme tous les ménages belges : chercher un logement, aucune priorité dans les points pour logement social etc..

MAIS ILS DOIVENT QUITTER LE CENTRE ET SE METTRE A LA RECHERCHE D'UN LOGEMENT COMME TOUS LES BELGES

 

 


Aumonier de prison au Mexique - par webMaster le 22/08/2015 @ 16:04

Depuis 25 ans, Frans Janssen (Province d'Anvers) est au Mexique, mais auparavant, il avait travaillé une vingtaine d'années à Kinshasa. Depuis plusieurs années, il s'est engagé à la prison comme aumônier. Travail très intéressant, à condition de le vouloir vraiment.

Ci-dessous, un lien qui vous permet de visionner une vidéo réalisée par une station mexicaine, avec sous-texte en flamand : 

http://www.vpro.nl/metropolis/speel.WO_VPRO_624884.html

 

Si le lien ne s'ouvre pas directement, tapez ou collez dans google :    De eerste nacht op vrije voeten in Mexico

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Video court séjour à Boma - par webMaster le 25/07/2015 @ 12:21

 

En vue d’une réédition d’un livret sur la kindoki et d’un autre pour donner des pistes d'homélie, je viens de faire une petite mise à jour de mon cerveau en effectuant un séjour de trois semaines à Boma.

J’avais vécu là de 1968 à 1991, et n’y étais retourné qu’une seule fois en visite. Ce voyage fut pour moi éprouvant, mais super intéressant, j’ai retrouvé de nombreux amis (ou leurs enfants), et fait de nombreuses découvertes. 

Vidéo réalisée pour des amis différents qui ont vécu là, il y a 20, 30, 50 ans !

 

https://www.youtube.com/watch?v=fxebW3NjEgo

 

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Piere Wavreille nous a quittés - par webMaster le 23/07/2015 @ 09:42

 

 

 

Pierre Wavreille parti bien trop tôt.

 

     Il n’avait pas 65 ans, et venait tout juste d’arriver de Taïwan pour un congé bien mérité en Belgique. Originaire de Framont, pas loin de Bouillon, entité de Paliseul, c’est là aussi, que sa famille est allé le déposer après une eucharistie célébrée à Embourg, la paroisse où se trouve la maison de repos des Scheutistes francophones. C’est dans cette maison qu’il avait retrouvé ses aînés, mais c’est là aussi qu’il est décédé pendant la nuit d’une crise cardiaque.au début de ce mois de juillet.

     Autour de sa famille, de nombreux Scheutistes étaient rassemblés pour cette eucharistie. Ce qui a frappé les assistants, c’est de constater la présence à l’autel de deux prêtres chinois et du P. Jeroom Hendrikx, fondateur du Centre Verbiest. La cérémonie s’est terminée par des absoutes en rite chinois. C’est une manière très simple de reprendre le rite traditionnel chinois autour d’un mini-autel traditionnel. Deux ex-confrères qui avaient travaillé à Taïwan avec Pierre étaient  également présents dans l’assemblée.

     La province scheutiste de Taïwan, ainsi que de nombreuses communautés du pays ont été bouleversées par cette annonce, car c’est en 1975 que Pierre arrivait pour la première fois dans ce pays. Il était en effet le premier cicm européen à faire ses études de théologie entièrement en chinois, et ce ne fut pas une sinécure, car il n’avait eu qu’un an pour apprendre la langue. Pourtant, en solide fils de fermier, Pierre s’était obstiné et après un temps de repos, avait été ordonné prêtre parmi ses confrères et les chrétiens de Taïwan.

     Au cours de ses nombreuses années au pays, Pierre avait assumé des tâches en différents lieux, mais toujours dans une paroisse proche des chrétiens. Il  avait été présent pendant plusieurs années dans la lutte de travailleurs taïwanais et en charge du Centre Social ainsi que l'homme de liaison CICM avec le "Catholic Counseling Center" (Huai Ren Center for Human Becoming).

      Ces dernières années, il faisait régulièrement la navette entre Taiwan et les îles au large de Kinmen et Matsu : une population très éloignée et dispersée dans de nombreuses petites îles. Il faut dire que Pierre, en bon missionnaire, aimait aller au bout.

     Mais il revenait régulièrement se ressourcer sur l’île centrale parmi ses confrères et nombreux amis. C’est avec joie d’ailleurs qu’il était accueilli, car il mettait de l’ambiance grâce à tous ses récits. Et sur bien des sujets de société et de politique, il avait des opinions bien tranchées et avec lui, les discussions allaient bon train.

     Il était aîné d’une famille de sept enfants, c’est ainsi que ses parents étaient toujours prêts à accueillir les Scheutistes de passage, et surtout ses confrères de Taïwan. De son père qui avait rejoint la résistance pendant la guerre, Pierre avait probablement aussi hérité d’un caractère tenace et fidèle à ses engagements.

      l avait fait des plans pour "après mon congé en Belgique". Mais Dieu avait d'autres plans. Un proverbe chinois i dit : les feuilles de l’arbre ne tombent jamais loin de ses racines. Ses racines ... en Belgique? Non, ses racines en Dieu !

      Merci Pierre pour toute la joie et l'inspiration que tu apportas à beaucoup. C’était bon quand tu étais là. Et, je suis sûr que ce sera ainsi au ciel ! Comme Sainte Thérèse de Lisieux : « Passe ton ciel à faire du bien sur la terre ». Nous avons encore besoin de toi.

Extraits du texte de Frans De Ridder, cicm, Taïwan

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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