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Zambie : « Qui n'accueille pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera pas" On voit que Jésus  n’avait pas d’enfants!

 

Parfois je pense que si Jésus avait vécu dans cette maison, à Mulungushi Agro, il n'aurait jamais fait une telle déclaration. Les  plus jeunes parmi nos orphelins et orphelines sont aussi les plus turbulents. Ils sortent en brousse sans demander la permission. Ils reviennent couverts de boue avec la chemise ou le pantalon déchiré. Il faut chaque jour leur répéter qu'ils doivent se laver. Ils ne se fatiguent jamais de battre le tambour et de faire du bruit à toutes heures. Et ils n'arrivent jamais à mettre en ordre leur dortoir. Vraiment, parfois je pense que Jésus s'est bien trompé et que le Royaume de Dieu n'est vraiment pas pour les enfants.

 

 

J’ai essayé d'observer davantage mes petits diables tout en méditant la solennelle affirmation de Jésus. Pourquoi donc les enfants sont-ils un exemple pour nous?

 

Patfi a six ans. Parfois, il fait l'école buissonnière et part près du lac où il rencontre des petits amis. Alors ils jouent du matin jusqu'au soir sans se soucier de rien ni de personne. Quand Patfi est avec ses compagnons de jeux, il oublie tout: il ne pense plus à l'école, ni à la nourriture, ni au repos. Il vit pleinement le moment présent. Les deux petits Amos et leurs compagnons de chambrée ont exactement le même comportement. Chaque jour il faut leur répéter la même chanson: "Mes enfants, n'oubliez pas d'arroser les oignons! Et après cela, n'oubliez pas de prendre votre bain!... Mais pourquoi donc, dois-je vous répéter tous les  jours la même chose? On dirait que vous n'avez pas de jugeote!"

Mais ils se contentent de me regarder avec un grand sourire et de faire un signe de la tête. En fin de compte, ils ne planifient rien, ils ne pensent jamais à ce qu'ils doivent faire plus tard. Pour eux, les différentes activités n'ont aucune importance. Ce qui prime: être avec les autres. De fait, lorsqu'ils se promènent dans le jardin ou sur les sentiers de la brousse, ils ne sont jamais seuls; ils sont toujours accompagnés de quelqu'un. Pour eux, les relations humaines valent plus que tout l'or du monde. Pour cela, le Royaume de Dieu leur appartient!

 

L'autre jour, quand je suis rentré de la ville, la petite Thelma de huit ans m'attendait. Elle baissait la tête pour éviter de me regarder: "Sorry, Ba Pierre!" ("Pardon, Pierre!"). Je lui demandai: "Mais pourquoi me demandes-tu pardon?" Elle baissa la tête encore plus et répéta les mêmes mots: "Pardon!" Alors je demandai à Maman Chantale ce qui s'était passé et j'appris que la petite Thelma avait oublié de fermer la porte du poulailler et que nos canards avaient mangé quelques légumes. Chaque jour les plus petits de la famille s'approchent de moi pour demander pardon pour l'une ou l'autre bêtise commise pendant la journée. Pour eux, demander pardon est quelque chose de tout à fait normal. Ils ne se sentent pas importants et n'ont aucun problème à reconnaitre leurs erreurs. Pour eux, une des priorités consiste à maintenir des relations de tendresse et de confiance avec ceux qui ont la charge de les éduquer et de les guider.

 

Et cela suppose demander pardon sans jamais se lasser. Pour cela, le Royaume de Dieu leur appartient!

 

Hier soir, un visiteur offrit des bonbons aux enfants qui se trouvaient dans notre salle à manger. Seferino, le plus jeune de notre famille, se trouvait justement là. Lorsque l'ami lui donna un bonbon, il le mit dans sa bouche et le coupa en deux avec ses dents. Il mangea l'un des deux morceaux et courut dans le jardin pour donner l'autre morceau à Romeo. La petite Mildred a la même habitude: elle est incapable de manger une mangue tout seule. Elle doit toujours partager avec ses compagnes. Nos enfants partagent naturellement ce qu'ils reçoivent. Ils s'échangent les pantalons et les chemises. Ils mangent au même plat et jamais l'un d'entre eux ne se plaint d'avoir reçu moins que les autres. Au cours de ces nuits d'hivers, ils se partagent les couvertures. Ils partagent aussi les joies et les peines des uns et des autres. Quand l'un d'entre eux perd un frère, une sœur ou un autre membre de la famille, toute notre communauté est en deuil.

Les enfants partagent tout. Pour cela, le Royaume de Dieu leur appartient!

Bien sûr, nos garçons et nos filles passent beaucoup de temps à jouer. Ils passent des heures entières à construire des autos miniatures avec des boites à conserves et des morceaux de fer. Et puis, ils font des courses en brousse. Les petites filles fabriquent des poupées avec des chiffons. Quand elles sont terminées, elles les placent dans un pagne de couleurs vives qu'elles attachent sur leur dos. Pour nos enfants, toute la vie se transforme en jeu. Arroser le jardin est un jeu, chercher le bois mort pour cuisiner est aussi un jeu, de même que faire la lessive et préparer la purée de maïs. Les enfants ne se prennent jamais au sérieux. Pour cela, le Royaume de Dieu leur appartient!

 

Enfin, nos enfants gardent une confiance absolue en Dieu. Ils sont convaincus que leur vie se trouve dans les mains du Seigneur. Quand ils prient, ils mettent les mains jointes, ils ferment les yeux et ils prononcent seulement deux ou trois paroles pour dire merci au Maître de la Vie. Pour eux, la prière n'est pas une question de mots. Il s'agit seulement de se sentir touts petits sous les ailes de Celui qui est Amour sans limite. Pour cela, le Royaume de Dieu leur appartient!

 

pierreruquoy@yahoo.com