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Scheut en 2016 - par webMaster le 17/11/2015 @ 18:50

Un  Communiqué du Père Provincial

Scheut anno 2016 :

 

Dans l’institut nous sommes actuellement 870 Scheutistes. Beaucoup continuent la mission à travers le monde et appartiennent chacun à une « province religieuse ». 165 appartiennent à la province BNL, Belgique-Pays-Bas. C’est environ un tiers de l’institut. Le plus âgé de notre province a 101 ans, et le plus jeune, d’origine congolaise, en a 41. Le plus grand groupe a entre 70 et 90 ans.

 

Y a-t-il encore des jeunes qui se présentent pour devenir missionnaires ?

 

Pas en Europe. Dans l’hémisphère sud, oui. Les missionnaires belges scheutistes disparaissent tout doucement. Est-ce regrettable ? Peut-être bien. Mais peut-être pas. Une famille ne disparaît pas lorsque père et mère décèdent : c’est ainsi aussi que la mission continue même si les missionnaires scheutistes originaires d’Europe disparaissent. Être père ou mère n’est pas un but en soi. Être missionnaire scheutiste non plus. Aujourd’hui aussi la famille est vécue d’une tout autre façon qu’il y a une centaine d’années. De même la mission, comme réponse au défi du monde d’aujourd’hui qui a fort changé, peut être très différente. De toute façon la vie du monde continue.

 

La mission au service du monde.

Parfois nous avons l’impression que le monde tourne fou. Beaucoup de gens perdent le nord et sont victimes de cette vie folle. C’est souvent en lien avec une perte de relations humaines vivifiantes et une perte du sens de la vie. C’est pour cela qu’une soixantaine de Scheutistes en Belgique est toujours active dans la pastorale.

Certains se donnent corps et âme au service des prisonniers, des sans-logis, des immigrés, des anciens détenus, des gens socialement et psychiquement vulnérables, des enfants et des jeunes. Six confrères congolais travaillent comme pasteurs dans des paroisses. D’autres encore sont aumôniers dans des maisons de repos ou de soins. Plusieurs confrères sont engagés dans Justice et Paix, Amnesty International, Pax Christi, des comités pour l’aide aux pays en voie de développement, ou alors pour l’amélioration de notre milieu de vie. C’est ainsi qu’ils vivent leur mission. Ils s’engagent dans la construction d’un monde meilleur, où justice et solidarité, égalité et empathie sont les maîtres mots. C’est pour nous une fenêtre ouverte sur le monde.

 

La mission intérieure.

200 missionnaires retraités habitent dans différentes communautés. Les communautés de Zuun et de Torhout sont dans des maisons de soins où demeurent 60 confrères. De nombreux laïcs sont engagés au service de nos confrères et permettent une vie de qualité en leurs vieux jours. Ces confrères restent marqués par la vie qu’ils ont menée à travers le monde, et restent en communion profonde avec leur pays d’adoption. Ils mènent une vie de prière au service de la mission. Ils sont devenus de plus en plus dépendants mais en même temps aussi plus libres : plus d’obligations à accomplir coûte que coûte. Ils puisent leurs forces dans l’attachement  à un groupe et à ce passé missionnaire qui a donné sens à leur vie.

L’engagement qu’ils avaient au service de leur entourage dans leur mission, doit se vivre maintenant ici dans leur communauté, tout en gardant les yeux ouverts sur ce qui se passe à l’extérieur, dans le monde. Donner sens à ses vieux jours est aussi un défi missionnaire. Ce n’est pas toujours « super » ou « cool ». Il y a des jours de peine et de solitude, mais tout cela trouve place dans leur vie. Toute leur vie ils ont donné sens à ce qu’ils faisaient et cela leur a acquis une confiance fondamentale et une grande reconnaissance. C’est dans cette vie concrète d’aujourd’hui que Dieu trouve sa place. Ce n’est plus l’extérieur qui compte mais l’intérieur, les racines, la profondeur. Voilà la mission à l’intérieur. C’est encore un défi à relever.

 

Quels sont nos moyens ?

Comme des pères et mères responsables, nous avons des confrères économes et gestionnaires, dans le passé et maintenant, qui ont pu offrir des fonds financiers et structurels solides. Sans salaire mirobolant, sans parachute doré, sans avantages matériels ils sont le conseil d’administration alternatif. Ils cherchent à équilibrer les dépenses et les entrées qui proviennent des pensions, de donations et d’héritages. Ils cherchent à ce que les investissements génèrent ce dont nous aurons besoin pour le futur. Tout cela doit aussi être en lien aussi avec notre propre comportement vis-à-vis de nos besoins personnels, l’argent, nos avoir personnels. Nos biens sont mis en commun parce que l’argent et l’économie ne sont pas un but en soi mais un moyen pour rester libre et au service des autres. On peut aussi devenir riches en partageant. C’est une autre façon de vivre afin que le riche soutienne le plus pauvre et celui qui est dans le besoin trouve ce qu’il lui faut. C’est un idéal et un défi pour chacun de nous qui voulons nous laisser inspirer par l’Évangile.

 

Nous avançons en âge, oui,…

mais nous sommes loin d’être tous décédés. Il y a ceux qui prennent la relève et après eux il y en aura d’autres. Nous pouvons déjà mentionner les six confrères congolais actifs en Belgique. Trois autres confrères : un Brésilien, un Camerounais et un Indonésien  commenceront très prochainement une communauté dans la banlieue anversoise.

Même si beaucoup de nos maisons et de nos communautés vont tout doucement disparaître, la mission, comme réponse aux défis de notre monde d’aujourd’hui, continue. Il suffit d’un peu de levain pour que toute la pâte lève. Le levain n’est pas un but en soi, il sert à mettre en mouvement et suscite de résultats appréciables.

 

Jan Reynebeau, supérieur provincial de BNL