Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
Captcha
Recopier le code :
124 Abonnés
Nouvelles classées
 -  Année 2017
+ Année 2016
+ Année 2015
+ Année 2014
+ Année 2013
+ Année 2012
+ Année 2011
Archives revue
Infos
Visites

 247671 visiteurs

 3 visiteurs en ligne


Corée : journée missionnaire - par webMaster le 18/11/2017 @ 17:06

UNE ÉGLISE DE LAÏCS EN CORÉE
 
 
Ce n’est pas mon intention de reprendre tout ce que l’on sait déjà sur la naissance de cette Église, mais simplement d’apporter certains détails supplémentaires apportés par sœur Agathe  dans un échange de correspondance après a journée missionnaire à  Dampremy (Charleroi).
 
Premiers « prêtres »
 
      Tout au début, des lettrés coréens ont découvert quelques-uns des livres chrétiens écrits en chinois par les Jésuites. En 1784, Lee Seung Hoon, un de ses lettrés partit à Péking pour se faire baptiser. De retour au pays, les lettrés ont continué à lire les livres et l’évangile. Ils se réunissaient tous les 7, 14, 21 et 28 du mois (le calendrier « chrétien » n’existait évidemment pas encore). En suivant les livres, ils ont commencé à donner la catéchèse et s’abstenir de la viande, mais aussi à assurer les sacrements : baptême, mariage, confession, profession de foi et même l’Eucharistie. Pour cette dernière ils s’étaient inspirés des livres importés et suivaient le rite eucharistique. Lee Seung Hong, de son nom chrétien « Pierre » s’est auto-proclamé prêtre et a ensuite ordonné une dizaine d’autres « prêtres » comme lui. Il est probable qu’ils importaient du pain ou des hosties de Chine. Ils n’avaient pas de chasubles, mais revêtaient un habit de grande cérémonie lors des Eucharisties ainsi qu’un calice d’or probablement importé lui aussi.
      Tout doucement, ils se rendirent cependant compte que l’exercice du sacerdoce vécu de cette manière n’était pas correct et après une bonne année, ils mirent fin à ce type d’Eucharistie, mais continuaient à se rassembler aux jours déterminés pour prier, partager la Parole et probablement un petit repas convivial. Ils savaient que des vrais prêtres devaient être ordonnés par des Évêques, c’est pour cela que grâce à leurs contacts en Chine, ils envoyèrent des lettres à Rome afin qu’avoir des vrais prêtres.
 
 
Des persécutions
     Dix ans après le baptême du premier Coréen, un prêtre chinois a réussi à pénétrer dans le pays pour y exercer un ministère, mais il fut découvert et martyrisé six ans après être arrivé. Le pays ne pouvait pas tolérer cette nouvelle religion principalement du fait qu’elle refusait de reconnaître et de pratiquer le culte des Ancêtres . Ce dernier est en effet reconnu dans tous ces pays comme partie intégrale de la culture. Y renoncer, c’est être considéré comme traître à la patrie et donc doit être éliminé.
     Pendant une cinquantaine d’années, les chrétiens ont continué à se rassembler pour prier et étudier la Parole sans l’aide d’un prêtre. Ces rencontres étaient présidées généralement par des hommes, mais également par des femmes, et cela pendant plus de cinquante ans, car finalement quelques prêtres des Missions Étrangères réussirent à s’introduire au pays pour soutenir ces communautés. Ce fut un grand soulagement et encouragement, car ces Français avaient vécu en Chine et connaissaient un peu le chinois.
      Assez vite, en 1855 le premier séminaire s’est créé clandestinement dans une petite chaumière située dans un petit village perdu dans la montagne, mais après une dizaine d'années à peine, il fut fermé et les responsables massacrés. En représailles, les parents de ces jeunes furent décapités !
 
Premiers prêtres
   Pourtant, les premiers missionnaires avaient réussi à envoyer en Chine quelques jeunes pour suivre une formation dans un séminaire. Le premier prêtre coréen, Kim Dae Gun Andrea fut ordonné après des années d’études, mais 6 mois à peine après son retour au pays, il fut arrêté et martyrisé. Le second, Choi Yang Up Thomas mourut de fatigue à l’âge de 40 ans. Étant le seul prêtre coréen, les chrétiens marchaient parfois des semaines pour le rencontrer et assister à une messe.
     Ce n’est qu’en 1886, une centaine d’années après le baptême du premier Coréen, que la persécution pris fin et que le pays reconnu la liberté de religion : le christianisme n’était plus proscrit. Il faut évaluer à plus de 8.000 les chrétiens qui moururent dans d’atroces souffrances, certains se sont même suicidés pour être certain de ne pas dénoncer les autres fidèles. En plus de ces martyrs connus et inconnus, il y a également un nombre important de chrétiens qui sont morts de fatigue, de faim ou de froid en fuyant la persécution dans les montagnes. Plusieurs prêtres français se sont même livrés eux-mêmes à la police afin qu’elle cesse de tuer les fidèles.
 
      Et sœur Agathe nous rappelle fièrement que depuis Vatican II, nous parlons beaucoup du rôle des baptisés comme rois, prêtres et prophètes, nous sommes fiers de dire que longtemps avant le concile, les chrétiens coréens ont pratiqué cette vérité.
 
Jean Peeters, cicm