Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
Captcha
Recopier le code :
125 Abonnés
Nouvelles classées
 -  Année 2018
+ Année 2017
+ Année 2016
+ Année 2015
+ Année 2014
+ Année 2013
+ Année 2012
+ Année 2011
Archives revue
Infos
Visites

 263693 visiteurs

 2 visiteurs en ligne


Revue missionnaire carolo - par webMaster le 10/03/2018 @ 15:04

Pour info, mais sans la mise en page ni les photos !

 

Cinquante neuvième année         N° 1: mars 2018
 
 
 
MARIE CHRISTINE HARPIGNY MISSIONNIRE LAÏC À  KIKWIT
 
Elle était passée entre les mailles du filet de COREMI pendant des années et n’était pas dans notre liste d’adresses. Cette mère de famille originaire de Bersillies l’Abbaye (près d’Erquelinnes) et qui avait perdu son mari il y a plus de dix ans est engagée depuis près de 5 ans dans le diocèse de Kikwit comme missionnaire consacrée de spiritualité cistercienne, pour participer au redressement de la pastorale de la santé.
 
 
Une vocation inhabituelle
     Vous comprenez, veuve à 45 ans et ma fille suffisamment grande et autonome, j’ai renoué avec un ancien rêve d’enfant : partir comme missionnaire en Afrique. Comme j’étais déjà engagée dans la spiritualité cistercienne comme laïque, c’est dans ce cadre que j’ai fait mes premiers pas à Bukavu et à Goma. Mais en 2014, j’ai répondu à l’appel du diocèse de Kikwit  qui était en grande difficulté. L’évêque s’était souvenu que j’avais travaillé une trentaine d’années à Anderlues pour l’antenne de la mutuelle chrétienne. Il voulait lancer tout un programme de protection de la santé dans son diocèse. C’est donc avec grand plaisir que J’y ai répondu et que j’ai prononcé mes vœux entre les mains de Mgr Mununu qui, plus est, était un Cistercien sorti par Rome de son monastère à Kasanza.
     Marie Christine vit au monastère des sœurs moniales cisterciennes de Mvanda comme « Consacrée» engagée avec de nombreux collaborateurs congolais dans un travail gigantesque de développement humain intégral du diocèse. Ce dernier en effet était resté en panne, vu le grand âge de Mgr Mununu. Aujourd’hui, tout est mis en œuvre en vue du développement « de tout homme et de tout en l’homme ».
 
Projet de l’asbl Éducation à la santé 
 
 
     En vue d’une meilleure collaboration et d’une certaine indépendance, c’est une seule ASBL bien entreprenante qui a été créée et qui comporte sept départements. Ils ne sont pas cités ici dans un ordre d’importance, car ils le sont tous. 
La crise économique du pays et la difficulté de transport les a poussés à créer une coopérative pour la vente en petites quantités, de produits alimentaires. Il fallait également faire en sorte que le plus possible d’enfants puissent terminer les primaires et secondaires si possible. L’asbl a également la mission de lutter contre la tuberculose, le Sida, la lèpre ou la malaria, non seulement en équipant des dispensaires, mais surtout en formant des animateurs capables de donner des conseils, surtout en vue de dépistages précoces. La condition des femmes n’est pas oubliée non plus, car des cours d’alphabétisation ont commencé, afin qu’elles puissent mieux se défendre.
 
          Elles peuvent également bénéficier de micros crédits afin de créer un petit élevage, améliorer des cultures….. Mais la protection de la nature n’est pas oubliée non plus, car la crise économique qui sévit depuis une vingtaine d’années a provoqué la surexploitation des terres et l’abattage intensif d’arbres et arbustes. Là aussi, il faut éduquer en organisant le reboisement régulier.
        Mais le domaine dans lequel Marie Christine est plus spécialisée, c’est évidemment le développement d’une mutuelle de santé. Que ferions-nous en Belgique sans l’aide de la mutuelle ? Nous trouvons cela parfaitement normal, et pourtant c’est seulement au sortir de la 2° guerre mondiale que ce système de protection sociale est apparu. Au Congo, ils sont nombreux les malades qui décèdent parce qu’ils n’ont pu acheter les médicaments nécessaires ou se sont contentés de produits venus principalement d’Asie parfois à un tiers du prix.
Aujourd’hui, au vu de la détérioration des soins de santé publique, une mutuelle est absolument nécessaire, mais très difficile à organiser. C’est d’ailleurs impossible sans spécialistes et sans soutien venu de l’extérieur. Comme Marie Christine a longtemps travaillé dans le secteur, elle est la personne la mieux habilitée pour ce travail.
 
Les fonds
     Rien que pour le lancement d’une mutuelle qu’elle espère se réaliser en janvier 2018, il faut une solide aide financière. Plus d’une fois, ce sont des mutuelles régionales chrétiennes ou socialistes belges qui ont participé au lancement de mutuelles en RDC. À l’heure de rédiger cet article, Marie Christine met aussi son espoir dans les mutuelles chrétiennes de notre pays.
     Mais vous voyez, ce n’est pas seulement pour la mutuelle qu’on a besoin d’argent, c’est dans tous les secteurs de notre asbl que nous sollicitons de l’aide : matériel médical, médicaments, construction de classes, salaire du personnel, matériel d’animation etc… Notre évêque, Mgr Bodika est très fort engagé dans cette recherche de fonds, mais vous comprenez que ce n’est pas là la tâche principale d’un évêque. Il doit être chez lui pour s’occuper de la pastorale.   
 
C’est pourquoi Marie Christine a prolongé son séjour d’un mois et reviendra en décembre pour continuer toutes ces démarches.
harpignymc@hotmail.com      mariechristineharpigny@gmail.com
 
Contact en Belgique : abbé Barnabé Tati Yuya btatiyuya@yahoo.fr missionnaire en Belgique.
 
 
DOCTORESSE MARIE HÉLÈNE BRASSEUR A.F.I. EN CORÉE
 
    Extrais de sa lettre reçue en décembre : 
 
     Bien que je rentre deux fois par an à Bruxelles pour la réunion du conseil d’administration AFI dont je fais partie, je n’ai pas souvent la possibilité de rencontrer tous mes amis….
Ici, notre équipe se porte bien. Avec So Hee, Lucia, Song Ja, Sylvia, Agnès ainsi que tous les autres membres du personnel et les nombreux volontaires qui nous aident très régulièrement. 
Song Ja fêtait cette année ses 50 ans de vie AFI. C’est parfois impressionnant de se remémorer tout le chemin parcouru ensemble ! Quant à So Hee (pharmacienne), bien qu’étant née en 1938, elle a fêté ses 80 ans « coréens » cette année.  Comme vous le savez peut-être, ici, l’année de gestation (avant la naissance) est prise en compte pour déterminer l’âge des personnes. 
     En ce qui me concerne, j’ai eu la grande joie d’accueillir ici ma nièce Sylvia et mon neveu Marc, venant des EU pour une dizaine de jours en novembre dernier. Ils n’étaient jamais venus me voir en Corée et cela nous a permis de mieux nous connaître.  Dans l’avenir, ils aimeraient revenir tous ensemble.
   
    En août dernier, du 11 au 18/8, nous avons eu une réunion internationale de notre groupe AFI ici à Séoul dans le cadre de l'AG en cours (2016~). Nous étions 38 membres venant du Congo, Rwanda, Haïti, Cambodge, Japon, Égypte, Belgique et Corée. Cela a demandé une longue préparation mais, heureusement, tout s’est bien déroulé et nous espérons que cela nous dynamisera pour l’avenir. En Corée, des jeunes continuent de nous rejoindre désireux de s'engager au service des autres.
 
      En ce qui concerne la situation du pays, la Corée a fait parler beaucoup d’elle cette année, surtout le Nord, en raison des essais nucléaires et de la confrontation avec le Président Trump. Quant au Sud, la situation politique s’est stabilisée en mai dernier avec l’élection d’un nouveau Président de la République Moon Jae-In. L’ancienne Présidente Park Geun-Hye avait été destituée pour cause de corruption, elle est en prison et passe actuellement en jugement. Le nouveau Président de Corée du Sud était favorable à un dialogue avec la Corée du Nord mais, malheureusement, tous ses appels au dialogue ont échoués jusqu’à présent. 
 
     (…) Concernant notre petit centre socio-médical, nous projetons d’agrandir le service de soins palliatifs pour que les malades et leurs familles puissent avoir un peu plus de confort. En fait, le service d’hospitalisation avait été aménagé dans les chambres à coucher de l’équipe, ce qui ne répond pas aux nécessités et équipements de soins pour les grands malades. Au printemps dernier, nous avons acheté la maison de nos voisins. Celle-ci étant très ancienne, nous devrons l’abattre et construire un nouveau bâtiment qui sera relié à notre petit centre. De 9 lits, nous en aurons 15 pour accueillir les malades souffrant de cancer en phase terminale. 
 
      Nous avons la chance qu’un grand bureau d’architectes nous offre la gratuité de leurs honoraires et Hyundai-entreprise assurera gratuitement (en totalité ou en grande partie) la construction du bâtiment. Les travaux commenceront au printemps prochain, après l’obtention des permis de construire et la fin des grands froids de l’hiver. 
 
     Mais, plus que les bâtiments, c’est surtout la relève du personnel médical qui reste notre principale préoccupation. Trouver un médecin qui accepterait de travailler à long terme et pouvant prendre la responsabilité du service médical dans l’avenir n’est pas chose aisée. 
Encore une fois, nous gardons confiance et l’espoir que les circonstances nous mèneront aux solutions appropriées. Je termine en vous souhaitant, ainsi qu’à vos familles, une très bonne et heureuse année 2018.
     
Marie-Hélène Brasseur : mhb007@hotmail.com
 
    NB : Les jeux olympiques d’hiver qui viennent de se terminer ont été l’occasion de contacts fraternels entre les sportifs du Nord et du Sud. Les responsables politiques acceptent de se rencontrer. Soyons heureux et laissons grandir notre espérance d’un avenir meilleur pour ce pays si profondément divisé.
 
 
Lettre de Polynésie Française : Paul Lejeune
 
Depuis un an Paul est aux Marquises et écrit à ses amis. Il avait été longtemps membre de l’équipe des Prêtres des Sacrés Cœurs (Picpus) à la Ville Basse : extraits
 
    En écrivant, j’écoute la RTBF qui donne les informations du lundi matin alors que nous sommes encore dimanche soir ici en Polynésie. Il faut chaud, très chaud, particulièrement ce dimanche. 
     Ce matin, nous avons eu l’eucharistie dominicale avec des baptêmes d’enfants dont les parents sont souvent jeunes : papa 18 ans, maman 16 ans… Trop jeunes car ils n’ont aucune situation ; certains sont encore aux études. Une des mamans est interne dans une école sur l’île de Hiva Oa (Jacques Brel, Gauguin) : c’est le papa qui s’occupe de l’enfant… Il vit chez ses parents ici et il est sans travail. C’est un des multiples problèmes de ces îles : une jeunesse sans formation, sans emploi et très active au plan affectif.
 
     À la fin de la célébration, j’ai insisté auprès de ces jeunes couples pour qu’ils se fassent accompagner par des personnes de confiance pour affronter les difficultés. Cette célébration a duré plus de 2 heures. Mais c’était très beau.
    Ce soir à 17h00, il y avait les vêpres et adoration comme chaque dimanche. On était une bonne centaine de personnes : chante les vêpres en marquisien et on fait un « Salut » comme on le faisait auparavant dans nos paroisses. J’ai retrouvé ici une vie chrétienne structurée comme nous l’avons connue précédemment.
 
Le tourisme fait une publicité partiale de la Polynésie. Il y a les coins paradisiaques, mais ici on n’a guère de plage et très peu de sable blanc… Depuis que je suis arrivé ici, je n’ai pas encore mis le pied dans l’eau.
 
(…) En novembre, je suis allé sur l’île en face, Ua Pou, pour une semaine complète. J’ai donné presque tous les sacrements : mariage, baptêmes, confession, sacrement des malades, première communion et aussi des funérailles.  J’y suis allé en avion car on n’a pas voulu que j’y aille en speed boot alors que ceux qui étaient venus par la mer au mariage m’ont dit qu’ils avaient été bien secoués dans le petit bateau.
Au début décembre, je suis allé célébrer un mariage dans une autre baie de Nulu-Hiva, petite baie accessible en bateau, ou à pied (3-4h. de marche) ou à cheval ! Il y a là à peine une dizaine de maisons. Les gens y vivent de l’agriculture et de la pêche. Dans les années 1870, il y avait un village bien peuplé avec une chapelle en dur. Depuis, le village a été déserté. 
 
Il reste quelques familles. La plupart du temps, il n’y a pas de communication de portable. On trouve donc une vraie cabine téléphonique ! Les habitants répondent au téléphone quand ils entendent la sonnerie de la cabine… J’y suis allé en bateau, en catamaran. Cela dure une demi-heure. Pour atteindre le catamaran ou la plage, il faut prendre le petit pneumatique… J’y suis resté deux jours. Retour en catamaran aussi mais par une mer bien agitée avec de beaux creux.  
 
Un projet de pêche industrielle a été mis en route par les autorités de Papeete avec des bateaux du Japon mais il y a de fortes réactions. La pêche locale risque d’être anéantie. Il y a le risque aussi d’épuiser les ressources de poisson par une pêche intensive. L’argument est toujours d’amener de l’emploi qui fait cruellement défaut ici mais ce serait tomber, à la longue, dans une impasse économique. On en est à la confrontation entre les pêcheurs et le pouvoir à Papeete. Un bateau a osé se risquer ici dans les eaux ; il s’est fait entourer des bateaux des pêcheurs et il est reparti.
 
Sur les plateaux, il y a les maraîchers qui cultivent les légumes. C’est un travail très dur là-bas, spécialement pour l’eau (…) Toutes les 3 semaines environ vient un bateau mixte : touristes et marchandises. Il fait le tour des îles des Marquises pour approvisionner les magasins ou apporter des marchandises commandées par les particuliers. Au retour, il prend les marchandises produites par les îles pour Papeete : copra (noix de coco), citron, fruits. Ce bateau a des containers congélateurs mais ils restent longtemps ouverts en plein soleil pour le déchargement des produits… C’est la chaine du froid et du chaud… 
 
Ici, on vit avec le soleil. Je me lève à 5h00 mais beaucoup de gens se lèvent à 4h00 le matin pour aller travailler aux champs. Donc lever pour moi, temps de prière et déjeuner ou petit déjeuner selon le vocabulaire local. Je travaille au bureau de la paroisse. Je vais ensuite à l’évêché pour travailler aux archives en y mettant de l’ordre. Depuis une quarantaine d’années, on n’a fait qu’empiler les papiers. 
Après la petite sieste obligatoire, je recommence à la paroisse. L’Eucharistie est à 17h30 du lundi au vendredi. Ici, il n’y a pas de réunions dans la soirée. Il faut aller dormir tôt. Le dimanche ou les jours de fête, des laïcs institués portent la communion aux malades dans les maisons à 6h00 le matin. 
Voilà quelques nouvelles. Bonne année à chacun et chacune.
   
 
Paul Lejeune :  lejeunepaul@yahoo.fr
 
Coremi : BE 41 7955 7859 7410, c/o Christiane Dandois, 14 r. de la science, 6000 Charleroi.  coremicha@gmail.com
 
 
P501221 Éditeur responsable : Abbé Marc Leplat 1, chaussée de Charleroi, 6061 Montignies
s/ Sambre