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Canonisation Mgr Romero 14 octobre - par webMaster le 20/09/2018 @ 12:42

 
 
 
MONSEIGNEUR ROMERO : PROPHÈTE ET MARTYR D'AMÉRIQUE
Canonisé dimanche 14 octobre à Rome
 
Oscar Arnulfo Romero y Galdámez est né à Ciudad Barrios, département de San Miguel, République du Salvador le 15 août 1917. Son père était télégraphiste et sa mère femme au foyer. Tout jeune, il comme l'apprentissage de la menuiserie, mais à treize ans, il entre au petit séminaire de San Miguel puis au grand séminaire de San José de la Montaña à San Salvador. En 1937, il est envoyé à Rome pour compléter sa formation sacerdotale.
Ordonné prêtre à l'âge de 25 ans à Rome en 1942, il était extrêmement charitable et dévoué. Il n’acceptait pas de cadeaux dont il n'avait pas besoin pour sa vie personnelle. Par exemple, un lit bien confortable qu'un groupe de dames lui avait offert : il l’a donné à quelqu’un qui en avait besoin et a continué à occuper un lit très simple.
 
Le 25 avril 1970, il est ordonné évêque auxiliaire de San Salvador et le 15 octobre 1974 il est nommé évêque titulaire du diocèse de Santiago de María. 
En juin 1975, c’est massacre dit de "Las Tres Calles" dans son diocèse : des paysans qui revenaient d’une cérémonie religieuse ont été assassinés sans aucune pitié et il y avait des enfants innocents. Le rapport officiel a parlé de personnes subversives présumées armées, mais les "armes" en question n'étaient rien d’autre que des Bibles que les paysans portaient sous leurs bras. À cette époque, les prêtres du diocèse demandèrent à Monseigneur Romero dénoncer publiquement ces assassinats et de les attribuer à l’armée, ce qui était vrai. 
Mais ce que Mgr Romero ne comprenait pas à l'époque, c’est que derrière les autorités civiles et militaires et derrière le Président de la République lui-même - un ami personnel - il y avait une structure de terreur qui éliminait tous ceux qui refusaient la domination du pays par les secteurs les plus riches. À cette époque, Mgr Romero, avait encore innocemment confiance au gouvernement. Mais peu à peu, il a commencé à comprendre la dure réalité de l'injustice et à réagir.
 
C’est dans ce climat d'injustice, de violence et de terreur que Mgr Romero a été nommé Archevêque de San Salvador le 3 février 1977. Le mois suivant, le Père Rutilio Grande est assassiné à Aguilares avec deux paysans. C’était un prêtre profondément croyant, engagé avec son peuple et ami de Mgr Romero. Cette mort le marqua profondément. Après cet assassinat, d'autres prêtres et laïcs engagés furent également été assassinés.
 
Face à cette situation, Mgr Romero réagit violemment et devint ardent défenseur des droits humains, en particulier ceux des plus démunis. C’est ce qui l'a conduit à dénoncer régulièrement la violence et devenir ainsi la voix des sans-voix, le berger du troupeau que Dieu lui avait confié, particulièrement les pauvres et les marginalisés. 
Dans ses homélies dominicales, il dénonçait les violations des droits de l'homme et exprimait publiquement sa solidarité avec les victimes de violences. Dans son église, il lisait les événements du pays à la lumière de l'Évangile, c’était comme une lueur d’espérance en vue de changer les structures de terreur qui régnaient dans le pays. 
 
Suite à ces dénonciations, il dut faire face à de vastes campagnes d’opposition, ce qui le faisait souffrir. Chaque jour, des journaux publiaient des éditoriaux ou autres articles payant dans lesquels lui et ses prêtres étaient insultés, calomniés et leur intégrité physique menacée.
 
Le 9 mars 1980, dans la Basilique du Sacré-Cœur de Jésus, une mallette noire est découverte sous le maître-autel. Une bombe constituée de barres de dynamite commerciale qui devait être activée lorsque Mgr Romero célébrerait une messe.
 
Le 23 mars 1980 dimanche des Rameaux, un jour avant sa mort, Mgr Romero prononça une homélie courageuse adressée à l'armée et à la police : appel énergique à toutes les forces armées.
 
Je voudrais faire appel, d'une manière spéciale aux militaires et plus particulièrement à la Garde nationale, la police, les militaires.... Mes frères militaires, ces gens viennent de la même ville que vous. Certains parmi vous tuent leurs propres frères paysans. Or quand quelqu’un donne l'ordre de tuer, la loi de Dieu dit : "Ne pas tuer". Aucun soldat n'est obligé d'obéir à un ordre contre la loi de Dieu. À une loi immorale, personne n'est obligé d’obéir. Il est temps pour vous de retrouver votre conscience et de lui obéir plutôt qu'à l'ordre de commettre le péché. L'Église, chargée de diffuser la Loi de Dieu et de protéger le droit de chacune des personnes, ne peut rester silencieuse face à une telle abomination. Nous voulons que le gouvernement prenne au sérieux le fait que ses réformes sont inutiles si elles sont entachées d'autant de sang. Au nom de Dieu donc, et au nom de ce peuple souffrant, dont les lamentations de plus en plus tumultueuses s'élèvent vers les cieux, je vous en supplie, je vous en supplie, je vous ordonne au nom de Dieu : cessez cette répression.
 
Le lendemain du dimanche des Rameaux, le 24 mars 1980, Mgr Romero est assassiné d'un coup de feu très précis alors qu'il célébrait l'Eucharistie dans la chapelle de l'hôpital La Divina Providencia. Un tireur d'élite caché dans voiture rouge l’a touché au cœur quelques instants avant la Consécration, il avait 62 ans. 
 
Mgr Romero vivait dans un petit appartement tout simple, transformé aujourd'hui en petit musée. Il est situé derrière la chapelle de l'hôpital Divine Providence, dédié aux soins des patients cancéreux à faible revenu.
 
C’est dans cet appartement de 4m sur 6 que, l'archevêque réfléchissait, écrivait et se reposait après ses tâches quotidiennes. Aujourd'hui, le lieu recèle les trésors laissés par l'évêque martyr : ses tuniques, ses documents, ses enregistrements et ses livres. Ce lieu est baptisé Centre Historique Monseigneur Romero.
 
Sa dépouille repose dans la crypte de la cathédrale métropolitaine de San Salvador, juste sous l'autel principal dans un mausolée qui porte son nom. Le monument funéraire est une statue en bronze qui représente le corps de Romero entouré de quatre anges qui symbolisent les quatre évangiles. Il a été offert par la Communauté de Sant'Egidio.
 
Le 24 mars 1990, la cause de canonisation de Mgr Romero a commencé. En 1994, il a reçu le titre de Serviteur de Dieu. Le 3 février 2015, il a été reconnu comme martyr pour la haine de la foi lorsque le décret de martyr a été approuvé par le pape François. Le 23 mai 2015, il a été béatifié sur la place Salvador del Mundo à San Salvador. Selon les estimations des médias catholiques, quelque 300 000 personnes de 57 pays avaient participé à cette célébration. Au Salvador, c’est la première personne élevée sur les autels. C’est également le premier archevêque martyrisé d'Amérique.
 
Le 19 mai 2018, le Pape François a annoncé qu'il serait canonisé le 14 octobre 2018 sur la place Saint-Pierre, Cité du Vatican.
P. Felipe Banegaz  cicm